Mgr J-C. Dufour- 2 juin 2020 – Psaume 85

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 2 juin 2020 – Psaume 85

 

En faisant mes homélies à partir des Actes des Apôtres, nous avons pu constater que peu à peu la Bonne Nouvelle s’adressait aussi au monde païen, surtout à cause de saint Paul, qu’on a surnommé l’apôtre des gentils. Saint Paul s’est retrouvé souvent en Grèce comme en témoignent ses lettres aux Philippiens, aux Corinthiens, aux Thessaloniciens.

Ces Grecs qui n’avaient pas reçu encore l’évangile n’étaient pas sans se poser des questions, comme bien des gens, sur Dieu. On se souvient que saint Paul, faisant le tour de la ville d’Athènes, était fasciné par le nombre de monuments ou de temples dédiés à des dieux jusqu’au dieu inconnu. Mais qui étaient ces dieux ?

Pour les Grecs, tous ces dieux et ces déesses étaient des êtres immortels, mais ils ressemblaient aux hommes en tout point pour le reste.   Ils peuvent souffrir, éprouver de la joie, mais aussi haïr, envier, être malhonnête et même tuer. On avait peur d’eux ; il fallait tout mettre en œuvre pour se réconcilier avec eux, leur offrir des sacrifices.   D’une certaine manière, ces dieux et déesses n’avaient rien à faire avec les hommes. Impossible de compter sur une relation d’amitié avec eux. Impossible de penser que ces dieux et déesses pouvaient nous aimer.

En s’adressant à des païens, saint Paul ne pouvait pas faire allusion à l’histoire des Juifs ni à l’Écriture Sainte. Ces gens ne connaissaient rien de la Bible. Il se devait de prendre un autre langage.

Parlant aux gens de Lystres qui croyaient en Zeus et Hermès, saint Paul les supplie de quitter ces dieux. Il leur parle d’un Dieu vivant qui a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent. Ce Dieu n’a cessé de donner le témoignage de ses bienfaits, par exemple, il a envoyé la pluie et des saisons fertiles pour vous combler de nourriture et de bien-être. (Actes 14,5-18) Ça ressemble au récit de la création.

Ce Dieu qui aime ainsi les humains était toute une révélation pour les Grecs. Nous pensons à l’alliance d’amour révélée par les prophètes. Dieu est amour, nous dit Saint Jean. Nous contemplons celui qui nous aime. Oui, nous sortons de nous-mêmes pour nous donner nous-mêmes à Dieu qui, faut-il le rappeler, nous a aimés le premier. (1 Jn 4,19) Cet amour de Dieu a pour nous des conséquences d’éternité. Nous le verrons face à face, disait saint Paul aux Corinthiens (1 Cor 13,12), et non pas comme des esclaves qui sont ramenés à la peur, mais comme des fils (Rm 8,15). Ces dons si précieux et si grands, nous sont accordés pour que nous devenions participants de la nature divine, nous dit saint Pierre. (1 Pi 1,4)

Si je vous ai amené aussi loin, c’est pour qu’on réalise à quel point on est chanceux d’avoir un Dieu qui se préoccupe de nous, chanceux de connaître la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui nous aime, chanceux d’avoir un Dieu qui va jusqu’au bout pour nous dire son amour, chanceux d’avoir foi en Jésus-Christ, mort et ressuscité. On est chanceux de pouvoir faire nôtre ces paroles du psaume qu’on trouvait dans l’antienne d’ouverture :

« toi, tu es bon,
tu pardonnes,
tu es plein d’amour
pour tous ceux qui t’appellent. »