Mgr J-C. Dufour 2 juillet 2025 – Matthieu 8,28-34

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 2 juillet 2025 – Matthieu 8,28-34

 

Qu’est-ce qui nous frappe le plus dans cette étrange histoire?
Les deux hommes guéris?
Pourtant Matthieu n’en parle pas beaucoup.
Est-ce les 2000 porcs qui se jettent dans la mer?
Est-ce la fin de l’Évangile où les gens supplient Jésus de quitter leur territoire?
Il faut bien remarquer que c’est Jésus qui est chassé à son tour?

Ce qui intéresse le plus Matthieu, c’est le combat de Jésus contre les démons.
Deux possédés sortent à la rencontre de Jésus. Ils sont tellement méchants, tellement habités par le mal que personne ne peut les approcher. Une fois devant Jésus, on voit qu’ils le reconnaissent, pas comme un sage, pas comme un prophète mais comme le Fils de Dieu.
« Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous faire souffrir avant le moment fixé ? »

La présence de Jésus les dérange beaucoup.
« Pourquoi viens-tu ici? Pourquoi te mêles-tu de nos affaires? »

Ils attendaient leur fin à la fin des temps, mais ils réalisent qu’elle est déjà arrivée. De vrais petits « pitous » ! Complètement démunis, ils cherchent à tirer le meilleur parti de leur mauvaise situation en demandant à Jésus de les envoyer dans un troupeau de porc. Ils s’attendaient probablement d’être accueillis dans ces animaux impurs aux yeux des Juifs, mais même les porcs n’en veulent pas et le troupeau se précipite dans la mer pour s’en débarrasser. Le mal est englouti.

Rappelons-nous que les évangiles ont été écrits longtemps après la résurrection de Jésus. Dans l’histoire de ces démons engloutis dans la mer, Matthieu nous enseigne que Jésus ressuscité a tous les pouvoirs sur les forces du mal et sur la mort.Jésus est Fils de Dieu il peut tout car il est maitre de la Vie, cet évangile nous le démontre clairement.

Il est également le maitre de la vie en nous, il n’attend qu’une chose :
que nous l’accueillions,
que nous l’invitions à nous libérer de tout ce qui nous entrave,
de tout ce qui, en nous, porte atteinte à notre dignité d’homme,
à notre dignité d’enfant de Dieu ?