Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 2 février 2024 – Présentation du Seigneur – Luc 2, 22-40
Ce n’était sûrement pas une journée bien tranquille ce jour-là dans le Temple de Jérusalem.
En vérité, c’était un beau désordre : des visiteurs qui venaient de partout, des juifs en pèlerinage, des gens qui apportaient des offrandes comme Marie et Joseph. Il y avait des animaux, des vendeurs, des changeurs, des pièces qui tombaient dans les troncs du Temple, des sacrifices, beaucoup d’animation. Et Jésus n’était qu’un enfant comme les autres. Syméon n’était qu’un homme dans la foule, ignorant ce qu’il allait trouver ce jour-là.
Comment a-t-il pu, dans tout ce tintamarre, discerner qu’un jeune couple, pas riche, portait entre ses mains toute l’espérance du peuple d’Israël ?
Il ne faut pas chercher la réponse bien loin. Elle est là dans l’évangile !
Saint Luc commence par nous dire que l’Esprit Saint était sur Syméon, qu’il avait reçu de l’Esprit l’annonce qu’il verrait le messie avant de mourir, et qu’il vint au Temple sous l’action de l’Esprit.
Trois fois l’Esprit Saint en quelques lignes. C’était le même Esprit qui avait agi engendré Jésus en Marie, le même Esprit qui avait permis à Élisabeth qui avait su reconnaître la mère de son Seigneur.
Mais comment l’Esprit a-t-il agi en Syméon ?
Je dirais en suscitant chez lui un désir amoureux; il « attendait la Consolation d’Israël », nous dit saint Luc. Ce désir, il l’avait prié, médité dans les Écritures, porté dans son cœur comme un trésor précieux. Il avait tellement désiré voir le Christ que son cœur était devenu attentif à recevoir la grâce qu’il espérait.
L’Esprit Saint a permis à Syméon de voir plus loin que ce qui se passait dans le Temple de Jérusalem. L’Esprit a agi à l’intérieur de Syméon, il lui a permis de voir l’invisible.
C’est de la même manière que l’Esprit agit en nous.
Par exemple, en toute simplicité, sans que vous ayez des révélations surprenantes, sans que vous soyez des personnes d’élite, il vous a permis de voir quelque chose d’invisible, de ressentir l’appel de Dieu et de vous joindre à la communauté des Servantes de Jésus-Marie.
On dit dans l’évangile que Marie et Joseph s’étonnaient de ce qui était dit sur Jésus.
Je suis certain que votre famille et les gens autour de vous ont été étonnés de votre décision et de votre choix, de l’œuvre de l’Esprit saint en vous.
Il est important que se lèvent des Syméon et des Anne pour nous éveiller aux réalités spirituelles.
Quand Dieu se laisse trouver par ceux et celles qui l’attendent monte alors une envie irrépressible de le partager tant il y a de beauté dans ce qu’on a découvert.
Car Dieu lui-même est au milieu de nous, dans ce qui fait notre humanité la plus ordinaire.
L’idéal serait que nous devenions des Syméon et des Anne les uns pour les autres, partageant nos découvertes intérieures et disant comment l’Esprit nous permet de reconnaître Dieu dans notre monde.
N’est-ce pas tout ce que vous voulez signifier en renouvelant tantôt vos vœux en cette journée de la vie consacrée ?
L’Esprit de Dieu, celui qui habitait le cœur de Syméon, consacre le pain et le vin à chaque eucharistie.
Qu’il nous aide à reconnaître la présence du Christ dans tout ce qui fait notre vie.
Qu’il nous donne de nous unir à l’offrande du Christ et qu’il fasse de nos vies une lumière, comme la prophétesse Anne, « qui proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. »
