Mgr J-C Dufour-2 février 2019-Présentation du Seigneur au Temple-Luc2, 22-40

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 2 Février 2019 – Présentation du Seigneur au Temple

Journée mondiale de la Vie consacrée

( Luc 2, 22-40 )

 

En commençant notre célébration, nous avons porté de petites cierges allumés pour nous rappeler que Dieu est à la source de toute lumière, qu’il s’est révélé comme lumière des nations au vieillard Syméon, et pour souhaiter parvenir, nous aussi, à la lumière qui ne s’éteint jamais.
Cette journée mondiale de la vie consacrée est aussi très spéciale pour vous aussi ; vous allez renouveler vos vœux dans quelques instants.
C’est dans toute cette réalité que le Seigneur vient nous éclairer aujourd’hui, il le fait par le vieillard Syméon, par Jésus et Marie.

 

L’évangile vient de nous dire que l’Esprit était sur le vieillard Syméon et que, ce jour-là, il était venu au Temple sous l’action de l’Esprit. En plus nous dit encore saint Luc :
« Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avec d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. »

 

Il aurait pu nous dire que Syméon avait été bien chanceux, ce jour-là.
Mais non, il insiste sur l’œuvre de l’Esprit, l’Esprit qui était là lors de votre baptême, encore là lors de vos premiers vœux, toujours là pour qu’on puisse se retrouver « sur les chemins de Dieu », pas les chemins que nous avons choisis, mais ceux qu’il a choisis pour nous entraîner sur le chemin de la sainteté.

 

C’était sûrement une rencontre bouleversante pour le vieillard Syméon qui déclare pouvoir partir en paix parce que ses yeux ont vu le salut de Dieu dans un tout petit enfant.
Poussé par l’Esprit, la liturgie nous invite à nous arrêter, aujourd’hui, pour prendre Jésus dans nos bras, les yeux émerveillés comme ceux du vieillard Syméon et nous laisser transporter de joie comme lui.

 

Poussés par l’Esprit de Dieu, nous sommes rassemblés pour partager la joie de toucher le Verbe de vie et surtout de nous laisser toucher par lui, de nous laisser émouvoir par celui qui vient nous rejoindre dans ce qu’il y a de plus profond en nous comme la fiancée du Cantique des Cantiques qui chantait :
« J’ai trouvé celui que mon âme désire : je l’ai saisi et ne le lâcherai pas. » (Ct 3,4)

 

En prenant l’enfant dans ses bras, le vieillard Syméon s’écrie :
« Mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations»
Oui, c’est bien ce que Jésus vient faire dans notre monde, nous apporter le salut, éclairer les pas de ceux et celles qui l’écoutent, ouvrir nos chemins vers le Dieu de toute miséricorde.
Laissons-nous donc inspirer par l’Esprit saint, comme Syméon, pour aller à la rencontre de Jésus qui est le salut et lumière des nations.

 

« Cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël… et toi, ton âme sera transpercée d’un glaive », dit Syméon à Marie.
C’est vrai que Jésus n’aura pas la vie facile et par voie de conséquence pour sa mère aussi. Au moment où il entreprend sa mission, Marie souffre. Elle voit que son Fils est critiqué de partout, que des personnes influentes font des pieds et des mains pour l’arrêter. Elle souffre au pied de la croix et devant le tombeau de son Fils.

 

Les évangiles nous permettent de connaître les paroles de Jésus, paroles exigeantes et souvent en contradiction avec l’esprit du monde, ce qui nous amène à comprendre que nous avons des choix constants à faire et des choix pas toujours faciles qui peuvent faire souffrir.
Aussi, nous sommes remis aujourd’hui devant notre vocation fondamentale. La prière qui suivait la bénédiction des cierges tantôt le traduisait très bien :
« Seigneur Dieu, véritable lumière, source et foyer de la lumière éternelle, fais resplendir au cœur de tes fidèles la lumière qui jamais ne s’éteint. »

 

Lors de la circoncision de Jean-Baptiste, son père, Zacharie a dit de son fils qu’il préparera les chemins de celui qui est l’Astre d’en haut qui nous visite pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et conduire nos pas au chemin de la paix. (Luc 1,76-79)
Au début de la célébration et pendant l’évangile, nous avons tenu dans nos mains un cierge de cire pour nous rappeler notre vocation, faire resplendir la lumière qui ne s’éteint pas, celle du Christ.
Saint Paul disait le disait aux Philippiens : « Vous qui êtes des enfants de Dieu sans tache… vous brillez comme les astres dans l’univers »  (Ph 2,15)

 

Des personnes comme vous, hommes et femmes ont décidé de servir le Seigneur Jésus par la vie consacrée. Heureux, heureuses êtes-vous d’être des signes de la lumière du Christ au cœur de notre monde.