Mgr J-C. Dufour – 2 décembre 2021 – St François Xavier – Matthieu 9,   27-31

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 2 décembre 2021 – St François Xavier – Matthieu 9,   27-31

 

Cet évangile de Mattieu que nous venons d’écouter ressemble à s’y méprendre à un autre évangile, de Saint Luc, celui-là, sur les disciples d’Emmaüs.
Eux aussi, comme les deux aveugles, cheminaient sur la route;
eux aussi sont aveuglés par les évènements et leur chagrin.
Eux aussi sont entrés dans une maison et leurs yeux se sont ouverts à la rencontre du ressuscité.

En Matthieu, ce sont les deux aveugles qui viennent auprès de Jésus dans la maison.
Ils sont deux.  Il y a un petit quelque chose d’Église là-dedans;  ce n’est pas une démarche individuelle qu’ils font, mais une démarche communautaire.

Il a bien fallu, à un moment donné, qu’ils se rejoignent pour marcher ensemble vers Jésus, le cœur plein d’espérance.  Ils avaient sans doute entendu parler de lui, de sa tendresse pour les malades, de son pouvoir de guérison. Qui mieux que Jésus pouvait prendre leur malheur en considération ?

Ce n’est pas chacun de leur bord, mais ensemble qu’ils font une prière à Jésus, à l’Envoyé de Dieu en disant : « Aie pitié de nous, fils de David », une prière à vous arracher le cœur pour provoquer la compassion de Jésus qu’ils nomment « Fils de David » parce qu’ils reconnaissent en lui le Messie attendu depuis si longtemps.

Sur la route, en suivant Jésus, ils crient leur détresse.  Et une fois que Jésus est entré dans la maison, ils entrent eux aussi, ils s’approchent de lui.
La maison, on peut penser que c’est le lieu où demeure la communauté.
Et quand Jésus leur demande « Croyez-vous que je peux faire cela ? », c’est encore ensemble et d’une seule voix qu’ils font une belle profession de foi en répondant « Oui, Seigneur ».
On peut dire qu’ils retrouvent la vue parce qu’ils voyaient déjà par la foi.

Il y a un chant qui décrit le temps de l’Avent en disant qu’il est « le temps d’un long désir ».
Quel désir ?  Sortir de la nuit pour entrer dans la lumière.
Les textes nous font comprendre que derrière notre désir de lumière, il y a plus encore, il y a le désir de quelqu’un, le désir de celui qui est la lumière.

Ce temps de l’Avent est pour nous, comme pour les deux aveugles, le temps d’un grand désir,
le temps de l’espérance qui nous incite à nous mettre en marche, en Église, en communauté, vers celui qui est la lumière du monde qui approche, avec son pouvoir d’ouvrir tout grand les yeux de notre cœur.
L’Avent, nous dit encore l’histoire des deux aveugles, c’est un temps de prière intense, temps de prière qui nous fait porter le cri du monde
« Aie pitié de nous, Fils de David », temps de prière qui est en même temps toute une profession de foi.

« Viens Seigneur Jésus, viens ! »