Mgr J-C. Dufour-2 décembre 2019 -1er semaine de l’Avent-Matthieu24, 37-44

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 2 décembre 2019 – 1er semaine de l’Avent

(Matthieu 24, 37-44)

 

Bientôt nous allons célébrer la fête de Noël.  Et alors, nous pensons à ce Dieu si différent,  si supérieur qui ose descendre pour se faire tout proche de nous en prenant la forme la plus vulnérable  de tous, un enfant dans une crèche.  Pour les petits enfants, cette image d’un nouveau-né va demeurer longtemps  mais pas pour nous les adultes.   Ça ne sera pas long qu’on va redonner à Dieu sa place dans le ciel, très loin de nous, nous scrutant, nous jugeant et nous attendant de pied ferme à notre dernier souffle.

 

Pourtant,  le psalmiste juste de nous dire qu’il se fait présent tous les jours en nous disant : « Je ne manque de rien… Il me fait reposer… Il me fait revivre… je ne crains aucun mal. » Le psalmiste voit le Seigneur à notre service,  répandant le parfum sur nous, comme si nous étions des hôtes distingués, mettant la table lui-même et nous offrant un festin.

 

Dans aucune autre religion, on n’ose envisager une telle descente de Dieu en son Fils.  Pourtant il est là, le cœur de notre Dieu, dans un amour donné sans retour, comme nous le montre Jésus dans l’évangile.

 

On le voit prendre soin des gens.   Ce n’est pas pour rien que l’évangile commençait en nous disant : « de grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets. » Le Christ vient pour nous conduire dans la lumière. Nous étions boiteux : nous marcherons;  nous étions muets : nous parlerons;  nous étions sourds : nous entendrons;  nous étions aveugles : nous voyons enfin.  La vue retrouvée nous permettra de voir nos frères et nos sœurs pour nous en faire proches, à la manière de Dieu.   Par sa manière d’agir, Jésus nous donne l’exemple;  il veut qu’on fasse de même dans l’avenir.  Au fond, il s’agit de la suivre en laissant creuser en nous son amour.

 

« Le Seigneur est mon berger : je me manque de rien.  Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. »  À la fin de l’évangile, après avoir nourri une grande foule avec sept pains,  les  disciples ramassèrent sept corbeilles.  Vous savez ce que ça veut dire le chiffre « sept »,  ça veut dire toujours, de telle sorte que les disciples, de génération en génération sont en mesure de nous les remettre aujourd’hui.