Mgr J-C. Dufour-2 décembre 2018-1er dimanche de l’Avent-Luc 21, 25-28.34-36

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

Nouvelle Année liturgique : 1ère Semaine de l’Année « C »

HOMÉLIE : 2 décembre  2018 – 1er dimanche de l’Avent-Luc 21, 25-28.34-36

Liturgie des Heures : semaine : I

 

Comment comprendre ?
Jésus vient de dire à ses disciples que
« Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde »,
alors que le prophète Jérémie annonçait :
« Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël . »
Deux affirmations bien loin d’une de l’autre. Ceux et celles qui prennent la bible au pied de la lettre risquent d’avoir un beau mal de tête.
Comment comprendre ?

 

Je dirais, en étant bien réaliste. Faut-il vraiment attendre la fin du monde pour connaître des « tremblements de terre », des « épidémies de peste et les famines », des « guerres et les soulèvements »?
Il y en a toujours eu et malheureusement encore aujourd’hui : un gros tremblement de terre en Alaska la semaine dernière, guerre et terrible famine au Yémen, rencontre des grands chefs du monde qui vient de se terminer sans entente.
Comment les hommes peuvent-ils prétendre changer le cours des événements du monde quand ils ne sont pas capables de gérer leur propre vie ?
Souvent, au lieu de voir des signes de la fin du monde dans les événements, il faut plutôt voir les signes du dégât causé par le péché dans la création tout entière.

 

La vie n’était pas facile au temps du prophète Jérémie. Il y avait de grandes souffrances : invasions d’armées ennemies, déportations, exil. Les rois avaient conduit le pays à la ruine. C’est au cœur de ces réalités pénibles que le prophète annonce : « Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël. »
Au cœur des événements malheureux que nous vivons, Dieu nous adresse une Parole de bonheur qui ne passera pas, et cette Parole porte un nom, celui de Jésus.

 

Au début d’une nouvelle année liturgique, en ce premier dimanche de l’Avent, nous commençons un temps pour nous mettre en état de veille parce que Jésus vient nous visiter.
Une nouvelle année, où Jésus, pour prendre les mots de Jérémie s’offrent à nous comme « un germe de justice », comme la « promesse de bonheur » qui se réalisera en plénitude à la fin des temps.
Jésus est à l’œuvre dans le secret de nos cœurs; il agit comme cette puissance de vie qui construit secrètement un nouvel être humain dans le sein de sa mère.

 

Et au cœur des bouleversements de notre monde, au cœur de nos utopies et de nos faiblesses, Jésus nous adresse aujourd’hui des impératifs qui sont forts :
« REDRESSEZ-VOUS, RELEVEZ LA TÊTE, RESTEZ ÉVEILLÉS, PRIEZ EN TOUT TEMPS »

• La souffrance, les soucis, la peur de l’avenir peuvent nous écraser, et on finit par baisser les bras. «REDRESSEZ-VOUS ! », nous dit Jésus. Ne peuvent espérer que ceux qui se tiennent debout, prêts à se mettre en route, pour bâtir avec Dieu un avenir meilleur.

• La peur fait baisser la tête! On redoute les coups qu’il faudra endurer. On n’ose pas trop regarder en avant, on vit au jour le jour. « RELEVEZ LA TÊTE ! », nous dit Jésus. Ne peuvent espérer que ceux qui regardent à l’horizon Celui qui vient pour nous sauver.

• La fatigue finit par endormir. On n’attend plus rien! On ne veut plus se battre ! «RESTEZ ÉVEILLÉS ! », nous dit Jésus. Ne peuvent espérer que ceux qui demeurent à l’affût des signes que Dieu ne cesse de donner.

• Le manque de confiance empoisonne nos liens avec Dieu et on finit par se demander qu’est-ce que ça donne de parler. «PRIEZ EN TOUT TEMPS !  » nous dit Jésus. Ne peuvent espérer que ceux qui demeurent en dialogue avec Dieu.

 

Ces mots de Jésus sont très puissants. Il nous invite à entrer dans ce temps de l’Avent, ce temps de veille et d’attente, non pas comme ces jeunes filles qui avaient oublié de prendre de l’huile en réserve, mais avec une espérance active, qui met en route.

 

Au moment où nous sommes réunis pour célébrer l’Eucharistie, le Seigneur vient près de nous, il se fait notre compagnon de route, comme un berger qui protège son troupeau, qui prend soin des plus faibles, qui part à la recherche des égarés.
Et, il vient nous dire à nouveau : « VOTRE DÉLIVRANCE APPROCHE. »  Demeurons auprès de lui et attendons-le dans la confiance et dans la joie.

 

Je vous souhaite un beau et un bon temps de l’Avent.