Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 2 avril 2021 – Vendredi Saint – Jean18, 1-19,42
La passion de Jésus que nous venons d’entendre le récit demeure une injustice grave commise contre un homme innocent. Pilate fait alors trois allers-retours entre les accusateurs, qui sont à l’extérieur du prétoire parce qu’ils voulaient « éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal » et Jésus, qui est à l’intérieur.
Premier aller-retour. Pilate sort dehors à la rencontre des Juifs et demande : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme? », on lui répond vaguement : « S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. » Alors Pilate rentre dans le prétoire et questionne Jésus sur sa royauté.
Deuxième aller-retour. Pilate sort de nouveau dehors. Il reconnait l’innocence de Jésus. : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Il cherche à lui rendre la liberté. Il entre de nouveau dans le prétoire et pour satisfaire la foule, il fait flageller Jésus.
Troisième aller-retour. Il sort de nouveau dehors et dit aux Juifs : déclare « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Mais quand il entend dire que Jésus s’est déclaré Fils de Dieu, « il redoubla de crainte » et « cherchait à le relâcher ». Il entre de nouveau dans le prétoire et questionne Jésus ne lui fait aucune réponse. Alors qu’il cherchait à nouveau à relâcher Jésus, les Juifs l’accusent de ne pas être un ami de l’empereur. « Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. » Quelle injustice!
La scène nous rappelle douloureusement les injustices de nos jours. Pensons aux victimes de la guerre, aux réfugiés qui aimeraient être accueillis chez nous pour assurer un avenir en paix avec leurs familles. Pensons encore aux gens qui souffrent de la faim au quotidien, même chez nous. Pensons aux malades, aux personnes qui souffrent de solitude et d’abandon, sans logis ou qui vivent une détresse psychologique profonde. Nous sommes appelés à lutter contre ces injustices et, comme Jésus dans sa passion, à nous rendre solidaires de ceux et celles qui sont comptés pour rien. Ce dernier a déjà déclaré : « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous le voulez, vous pouvez leur faire du bien, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » (Marc 14,7)
