Mgr J-C. Dufour – 1er septembre 2023 – Matthieu 25, 1-13

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 1er septembre 2023 – Matthieu 25, 1-13

 

On sait que Jésus se servait souvent de choses qu’il avait observées pour nous raconter une ou l’autre parabole.
On peut penser à la parabole des semailles, à celle de l’ivraie et du bon grain, au travail de la vigne.
Je me suis dit qu’il avait sans doute observé les noces de son temps pour nous raconter l’évangile d’aujourd’hui.

Le fiancé devait d’abord se rendre à la maison du père de sa bien-aimée en compagnie de ses parents.  Et à ce moment-là, les parents des deux familles entamaient de longues discussions au sujet de la dot et des cadeaux, discussions qui pouvaient être très longues, toute une nuit et même se poursuivre la journée suivante.
Les jeunes filles devaient demeurer avec la fiancée en attendant l’arrivée de l’époux qui venait toujours chercher sa bien-aimée au début de la nuit.  Comme les discussions pouvaient être très longues, l’attente devenait de plus en plus difficile et les jeunes filles pouvaient s’endormir.  À une heure qui pouvait être assez tardive, même au milieu de la nuit, un messager venait les prévenir en criant que le fiancé s’en venait.
Alors, elles allumaient leur lampe parce que leur mission était  d’accompagner et d’éclairer le cortège jusqu’à la maison du fiancé.  On dit qu’il fallait souvent ajouter de l’huile aux lampes pendant tout le trajet et pendant les festivités.

Nous sommes au 25e chapitre  de l’évangile de saint Matthieu.
Le temps de la passion approche et Jésus parle à ses disciples de son retour.  C’est le temps où nous sommes, le temps que nous connaissons depuis notre naissance.
Comment se préparer au retour de Jésus?

C’est lui qui nous le dit : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ».
Il ne demande aucun geste particulier, mais il fait appel à une attitude, celle de l’attente, celle de veiller en attendant son retour.
C’est un temps qui nous appelle à la fidélité, à entrer dans une nouvelle forme de présence de l’époux.  Attendre le Seigneur quand il n’est pas là, comme une noce, ne peut se vivre que dans l’amour.

Si on envisage cette rencontre comme celle d’un accusé devant un juge qui connaît les moindres détails et toutes les fautes de notre existence, nous pouvons avoir peur.
Mais ce juge se présente à nous aujourd’hui comme un époux, comme celui qui s’est uni à chacun des membres de son peuple par l’amour,  celui qui viendra nous chercher pour nous prendre dans sa maison.

Son amour transfigure toute cette scène, qui pourrait nous terrifier.
Il y a quelqu’un qui disait : « Je préfère être jugé plus par le Seigneur que par ma propre mère ». Pourtant nous savons bien que la personne la plus indulgente à notre égard, c’est notre mère.
Un poète mystique persan du 11e siècle écrivait :

« Reste devant la porte si tu veux qu’on te l’ouvre.
Rien n’est fermé jamais, sinon à tes propres yeux
. »    [1]

 

[1] Farīd al-Dīn ʿAṭṭār est un poète mystique persan,