Mgr J-C Dufour-1er octobre 2018-Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus-Luc 9, 46-50

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE :  1er octobre 2018 – Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

( Luc 9, 46-50 )

 

Dans l’évangile, ce matin, saint Luc nous donne deux consignes, une première qui désigne la volonté de puissance et la deuxième qui montre l’étroitesse du cœur. Je m’arrête seulement sur la première, la volonté de puissance.

 

Les disciples se demandent lequel d’entre eux est le plus grand. Jésus voyait bien la question qui habitait leur cœur. Alors, il commence à leur répondre en posant d’abord un geste symbolique comme les prophètes savaient bien le faire. Tout commence par un geste symbolique comme les prophètes savaient en faire : il « prit un enfant, le plaça à côté de lui .»
C’est le temps de sortir votre caméra et de prendre une belle photo de cette scène ; ça va vous aider à comprendre le commentaire de Jésus.

 

Les autres évangélistes qui nous racontent la même scène nous disent que Jésus embrasse l’enfant et leur impose les mains. Pas saint Luc. Il nous dit seulement : « Jésus le plaça à côté de lui» On ne peut pas être plus simple et pourtant c’est très grand le geste de Jésus. En plaçant l’enfant à côté de lui, Jésus nous fait comprendre qu’il le protège, le valorise, lui confère de la grandeur. Je viens de vous dire que c’est un geste prophétique, un geste tout simple et en même temps très grand parce que c’est Jésus lui-même qu’on peut voir derrière ce geste. On peut voir dans ce geste le Père qui est invisible, mais qui se tient près de son enfant, de son fils, Jésus, qui le protège, le valorise et lui confère sa vraie grandeur. Alors on peut comprendre ce que Jésus veut nous dire quand il nous dit :
« Qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. »

 

Ce n’est pas pour rien que saint Luc situe le geste prophétique de Jésus tout de suite après sa deuxième annonce de sa Passion à ses disciples. Jésus, à ce moment-là va agir comme un serviteur.

 

J’ai dit tantôt qu’en plaçant un enfant à côté de lui Jésus lui conférait sa vraie grandeur.
La vraie grandeur pour Jésus, c’est d’être comme un enfant, de se vouloir tout soumis à son Père.
La vraie grandeur pour un enfant, c’est d’être là, près de Jésus, tout soumis à Jésus qui l’a choisi.
La vraie grandeur pour un disciple, c’est d’être valorisé par l’appel de Jésus.

 

La question qui agitait les Apôtres ce jour-là, surtout après l’annonce de la passion, n’avait aucun sens aux yeux de Jésus. « Qui est le plus grand ? » se demandaient-ils. Ils ne comparaient que de fausses grandeurs. Dieu seul grandit l’homme aux yeux de Jésus et la vérité de l’homme, c’est d’être petit devant Dieu. Il faut comprendre alors que l’enfant demeure, pour le croyant adulte, un modèle incroyable, pas parce qu’il est innocent, mais parce qu’il trouve tout naturel d’être aimé.

 

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus que nous fêtons aujourd’hui avait compris ça au plus haut point. Elle a écrit :

« La joie se trouve dans mon cœur.
Cette joie n’est pas éphémère.
Je la possède sans retour comme une rose printanière.
Elle me sourit chaque jour…
Ma joie, c’est de rester dans l’ombre…
de me cacher, de m’abaisser…
Ma joie, c’est de rester petite, aussi quand je tombe en chemin,
je puis me relever bien vite…
Ma joie, c’est de t’aimer. »