Mgr J-C. Dufour-1er novembre 2019 -Fête de tous les saints – Matthieu5, 1-12a

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 1er novembre 2019 (Inspirée de Vie Liturgique) – Fête de tous les saints

 (Matthieu 5, 1-12a

 

Pas toujours facile à comprendre le livre de l’Apocalypse qui vient de nous dire que Dieu accueillera 144,000 personnes au paradis.  Pour moi, on n’a pas grande chance, ce nombre doit être atteint depuis un bon bout de temps déjà.  Évidemment, quand on interprète ainsi le sens de cette phrase,  on en réduit le sens.  Le livre de l’Apocalypse, vous le savez déjà, est plein de symbole qu’il faut déchiffrer pour en saisir le sens profond.  C’est ce que je vais faire maintenant.

 

Dans la bible,  il est question du chiffre 12 dans 32 versets,  et chaque fois, le chiffre 12 exprime l’élection.  Par exemple, dans l’Ancien testament on nous parle des douze tribus d’Israël pour signifier que ces tribus sont les élus du Seigneur.  Par exemple encore, dans le Nouveau Testament, on mentionne les noms des 12 apôtres comme des gens qui ont été choisis pour Jésus. L’Apocalypse parle de 12 étoiles qui couronnent la Femme.

 

Et quand le chiffre 12 est multiplié par 12000,  il donne le nombre de 144,000 qui est l’expression, par excellence, de la perfection, de l’élection.   Il symbolise la multitude de fils et de filles d’Israël qui seront sauvés.  Il n’y a pas à dire,  notre Dieu n’accorde pas son salut avec parcimonie, mais avec générosité.

 

Et comme si ce n’était pas suffisant, plus loin dans sa vision,  l’auteur évoque également la situation des gentils :   « Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul le pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues.  Ils se tenaient debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches avec les palmes à la main. »  C’est dire que les autres peuples seront également sauvés par la multitude. Non, le nombre des sauvés n’est pas limité.  Ainsi l’humanité composée de Juifs et de Gentils jouira de l’universalité du salut de Dieu.  Et cette vie de communion avec le Père, par qui est-elle obtenue, par le Christ.  C’est en l’accueillant le Christ avec foi qu’on entre dans la sainteté.

 

La sainteté n’est pas le lot de quelques de quelques privilégiés, elle est ouverte à tous;  ce que saint Pierre écrivait déjà en disant : « Puisqu’il est écrit : Vous serez saint, car moi, je suis Saint » (1 Pi 1,16).  Déjà, au baptême, Dieu nous sanctifie en nos incorporant à son Fils et il nous comble en nous donnant sa vie par l’eucharistie.   Maintenant, il nous appartient de laisser l’amour de notre Dieu habiter notre cœur pour nous façonner à sa manière.  Ainsi, nous passerons notre vie à faire le bien comme le Christ, de telle sorte sa vie se reflètera dans nos paroles et nos pensées bienveillantes, et nos actes de charité.