Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 1er Novembre 2018 – Solennité de Tous les Saints
( Matthieu 5, 1-12a )
Au tout début de son ministère, Jésus est en Galilée, « Le carrefour des nations », dira saint Matthieu. Carrefour des nations, parce que c’est une région de commerce, on y trouve des gens qui viennent d’autres nations, croyants et incroyants, image d’une humanité en quête de bonheur. On peut donc comprendre que Jésus s’adresse à une foule très disparate. On sent que, dès le début de sa vie publique, Jésus veut s’adresser aux hommes du monde entier et de tout temps qu’il apporte le bonheur et le salut.
Solennel, le début de l’évangile ! « Voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples d’approchèrent de lui ».
« Jésus gravit la montagne. » La montagne, dans la bible, est souvent vue comme un lieu de la présence de Dieu. Jésus s’y sent chez lui. Il est l’envoyé de Dieu pour nous livrer le message d’amour du Père.
« Ses disciples s’approchèrent de lui ». Nous aussi, nous nous approchons du Seigneur, ce matin, parce que nous savons qu’il veut nous instruire, nous livrer des paroles qui sont paroles de vie éternelle. Demandons au Seigneur de savoir l’écouter avec attention, la grâce de savoir accueillir ses paroles, de n’en rien perdre parce qu’elles sont lumière et vie.
En ce jour où nous fêtons tous les saints, ceux que l’Église nous donne comme modèles, ceux et celles qui ne seront jamais canonisés parmi nos sœurs ou membres de nos familles, l’Église nous fait lire l’évangile qu’elle considère depuis longtemps comme la charte du Royaume, celui des béatitudes.
Le premier mot que Jésus adresse à toute l’humanité est le mot « Heureux », mot qui jalonne l’évangile de ce matin qui se conclut par ces mots de Jésus : « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse ». Le bonheur est une réalité qui intéresse l’ensemble de l’humanité, même si le bonheur dont nous parle Jésus ne correspond pas à celui de notre monde qui voit son bonheur dans la consommation, dans la richesse.
Si Jésus nous révèle qu’il est venu nous ouvrir le chemin du bonheur, il ne faut pas comprendre qu’il nous propose pour autant un chemin facile. C’est un chemin rude que nous propose Jésus, une porte étroite, mais il nous fait comprendre qu’il demeure avec nous pour nous guider, nous conduire vers la lumière et la vie.
Chacune des béatitudes ressemble à un panneau indicateur qui vient nous dire si on est sur le bon chemin ou non. Comprenons qu’on ne pourra jamais suivre tous les panneaux indicateurs en même temps. On ne peut pas en même temps être pauvre comme François d’Assise, doux comme François de Sales, mystique comme Jean de la Croix. Ce qui importe, c’est de laisser le Christ nous guider.
En proclamant notre foi tantôt, nous allons dire : « Je crois à la communion des saints ». Nous proclamons que les saints sont avec Dieu, mais il faut comprendre aussi qu’ils sont avec nous. Ces saints et saintes qui ont été nos proches, qui ont vécu la même vie que nous, qui se sont laissés transformer et guider par le Christ, qui ont accueilli l’évangile des béatitudes, sont toujours tout près de nous. Ils viennent nous dire que le Christ nous appelle au même bonheur qu’eux.
Et celle qui est la reine de tous les saints, la vierge Marie est toujours là, elle aussi, comme une mère, pour nous ramener vers le chemin des béatitudes, vers son Fils. C’est avec elle que les saints ont appris à tout recevoir gratuitement de Jésus. C’est avec celle qu’ils vivent, tous cachés dans le secret du Père.
Au matin de Pâques, des hommes apparurent aux femmes désemparées qui étaient au tombeau de Jésus et leur dire : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? »
La fête d’aujourd’hui, comme celle de Pâques, nous appelle à la joie et à l’espérance en venant nous dire que le mal qui accable notre vie et notre monde, et Dieu sait s’il y en a, n’aura pas le dernier mot, que le Christ ressuscité veut nous associer à son bonheur, à sa victoire sur le péché et sur la mort.
En communion avec tous les chrétiens du monde, avec tous les saints du ciel, rendons grâce au Seigneur pour cet amour qu’il nous donne sans compter.
Prions-le de faire de notre vie une marche vers ce Royaume où il nous appelle.
