Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 1er mars 2023 – Luc 11,29-32
« Il ne lui sera donné que le signe de Jonas ». Qu’est-ce que c’est le signe de Jonas?
Jésus est le signe par excellence dans toute sa personne, dans tout ce qu’il fait, dans ses miracles.
Comme Jonas a été un signe pour les gens de Ninive, Jésus est un signe par sa prédication, par son appel à la conversion.
Il ne faut pas se tromper, nous dit Jésus. Il nomme deux personnes qui sont considérés souvent comme des êtres exceptionnels.
Nous retenons de Salomon qu’il avait une sagesse exceptionnelle tellement que la reine de Saba était venue des extrémités de la terre pour écouter sa sagesse.
Il ne faut pas se fier aux apparences. Le roi Salomon n’a pas agi mieux pour son peuple que le Pharaon en Égypte. Il avait épousé plusieurs femmes païennes qui l’ont entraîné vers d’autres dieux que telle sorte que son cœur n’était plus au Seigneur.
« Il y a ici bien plus que Salomon », nous dit Jésus.
Jésus est plus sage que lui. Saint Luc prend soin de noter que l’enfant Jésus était « tout rempli de sagesse ».
Jésus prend soin de nous rappeler l’histoire de Jonas.
Nous retenons de lui qu’il était un prédicateur fameux, tellement qu’à Ninive, toute la ville se convertit en peu de temps.
Il ne faut pas se fier aux apparences. Lui aussi n’est pas un modèle. Il a refusé d’obéir à Dieu et s’est enfui. C’est vrai qu’il est allé annoncer la bonne nouvelle, mais rappelons-nous qu’il l’a fait à contrecœur. Il ne faut pas se tromper. « Et il y a ici bien plus que Jonas ».
Si le roi Salomon et Jonas ont été admirés, un pour sa sagesse et l’autre pour sa prédication, ce n’est pas le cas de Jésus.
Quel contraste entre ces deux hommes et Jésus !
Jésus n’attire pas le succès comme Salomon, mais le mépris.
Jésus n’a pas le succès de Jonas dans sa prédication qui tourne à l’échec. Lors de sa Passion, en gravissant le calvaire, il n’aura même plus figure humaine.
Il ne faut pas se tromper. « Il ne lui sera donné que le signe de Jonas ». Il faut noter que le verbe est au futur. Ce sera le signe par excellence.
Jonas a été un signe par les trois jours passés dans le monstre marin préfigurant les trois jours passés par le Fils de l’homme dans le sein de la terre.
Je pense que, dans cet évangile, Jésus nous invite, avec l’aide de l’Esprit Saint, à dépasser les apparences, à ne pas nous laisser prendre par ce qui paraît attrayant et attirant, pour discerner les signes du Royaume sous les apparences déconcertantes du quotidien.
C’est là, dans notre vie de tous les jours que nous pouvons découvrir,
plus que Salomon et plus que Jonas,
Celui qui est la Sagesse elle-même,
le Verbe de Dieu en personne.
