Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 1er juillet 2021 – Matthieu 9, 1-8
Je ne sais pas si vous avez remarqué mais il y a deux mots qui se ressemblent dans les deux lectures : « Mon fils » dans la 1e lecture et « Mon enfant » dans l’évangile.
Dans la 1e lecture, c’est Isaac qui est la victime, le fils d’Abraham, le fils de la promesse, le fils longtemps attendu.
Dans l’évangile, il y a une autre victime, un paralysé présenté à Jésus par ses proches.
En leur donnant les titres de fils et d’enfant, on comprend que les deux ont un père, mais, les deux sont aussi sacrifiés. Si Abraham va au bout de son geste, la vie d’Isaac n’aura pas duré bien longtemps. Un peu la même chose pour le paralysé qui est handicapé, qui ne vit pas complètement sa vie.
Derrière le fils et l’enfant, on peut voir le visage de deux personnes bénies de Dieu : Abraham et Jésus. Le geste d’Abraham est une mise à l’épreuve. Jusqu’où Abraham ira-t-il pour exprimer sa foi en Dieu et en sa promesse. C’est sa confiance qui sauvera la vie de son fils.
Dans l’évangile, Jésus est présenté comme un intermédiaire entre le paralysé et Dieu. Dieu guérit, il agit sur la parole de Jésus. Et on remarque que sa parole va bien plus loin que la guérison du corps, elle vaut aussi pour le cœur. La guérison physique du paralysé nous annonce une libération du péché.
On peut voir dans ces deux récits quelque chose qui est toujours bien actuel.
Comme le fils d’Abraham, nous sommes menacés de mort. Comme l’enfant présenté à Jésus, nous sommes des enfants paralysés. En même temps, nous pouvons être sauvés par celui que Dieu a envoyé, le Christ. Une seule chose est nécessaire, et elle est bien présente dans les deux récits : « Confiance, mon enfant », dit Jésus. « Dieu saura bien trouver », dit Abraham à son fils qui lui demande où est l’agneau pour l’holocauste. Il nous faut retenir que la confiance totale et l’abandon au travail de Dieu sont nécessaires pour que la vie triomphe encore de la mort, aujourd’hui encore.
Aujourd’hui, nous avons une journée de prière pour le pays qui, comme tous les autres, a vécu une pandémie.
Prions pour les gouvernants et la paix dans le monde. Comme le dit la prière après la communion :
« Que nous fassions fructifier en ce monde la paix que le Seigneur lui a lui-même donnée. »
Il était question de fils et d’enfant dans les lectures, on ne peut passer à côté des tristes découvertes de nombreux enfants autochtones enterrés près de pensionnats autochtones.
Prions pour toutes les personnes qui souffrent de cette découverte.
Et prions pour que tous les gouvernants autant civils que religieux aient le souci de faire la vérité.
