Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 1er février 2021 – Marc5, 1-20
« Jésus et ses disciples arrivèrent sur l’autre rive, de l’autre côté de la mer de Galilée, dans le pays des Géraséniens »,en territoire païen. Dès l’arrivée de Jésus, un possédé accourt vers lui. Il était vraiment habité par le Mal et personne ne pouvait l’approcher tellement il était méchant.
« Il se prosterna devant Jésus et cria d’une voix forte : « Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut ? »
Les démons qui sont dans cet homme reconnaissent Jésus, pas comme un sage, pas comme un prophète, mais comme le Fils de Dieu. Comme dans l’évangile d’hier, ils reconnaissent la sainteté de Jésus. Ils sont inquiets, « que nous veux-tu ? » Ils savent bien que Jésus ne va pas les laisser dans cet homme, ils le prient de les laisser partir… mais où ? Dans les porcs, ces animaux impurs pour les juifs. C’est là, dans ces porcs, que les démons feront leur œuvre de mort. L’homme enfin libéré retrouve tout son esprit, toute sa dignité.
Ce récit empreint de merveilleux montre qui est Jésus : le Fils de Dieu, envoyé pour libérer toute personne des influences mauvaises. Nous savons trop bien que le mal existe en nous et autour de nous, et que celui-ci détruit les êtres humains. Le Christ est là pour que les personnes retrouvent à la fois leur dignité humaine et celle des enfants de Dieu.
L’homme possédé est maintenant libre. Les gens des environs viennent constater sa guérison et voir ce qui est arrivé aux porcs. Saisis de crainte, ils supplient Jésus de quitter leur territoire, même s’il vient de guérir un homme. Ils préféraient conserver leurs cochons plutôt que de voir le possédé guéri. On voit encore ça ! Plutôt les biens matériels qui apportent argent et bien-être que la vie d’un homme. Malheureusement, c’est encore présent dans notre monde.
Parce qu’il est le Fils de Dieu, Jésus peut tout, il est maître de la Vie. Aucune force du mal ne peut nous séparer de Lui. Il attend que nous l’accueillions, que nous l’invitions à nous libérer de tout ce qui nous entrave, de tout ce qui, en nous, porte atteinte à notre dignité d’homme, à notre dignité d’enfant de Dieu.
Nous aussi, nous avons bénéficié de la miséricorde du Seigneur dès notre baptême ; nous avons l’Esprit pour nous guider dans cette vie nouvelle, comme le souligne saint Paul :
« Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba », c’est-à-dire Père ! » (Rm 8,10)
Soyons dans l’Action de grâce pour ce que le Seigneur a fait en nous, et en conséquence, soyons empreints pour tous nos frères et sœurs en recherche de sens dans leur vie.
