Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 1er décembre 2025 – Matthieu 8, 5-11
Je me suis arrêté sur la prière d’ouverture ce matin. « Accorde-nous, Seigneur, d’attendre sans faiblir la venue de ton Fils ». C’est tout un défi que nous avons devant nous.
Le verbe attendre est probablement celui qui décrit le mieux ce temps de l’Avent, notre situation de chrétien qui attend le retour du Christ dans la gloire à la fin de temps.
Pourtant, la vie quotidienne nous apprend que le temps de l’attente prend toute sorte de couleurs.
Il y a des attentes qui nous énervent : à la caisse d’un magasin, dans le trafic trop lent.
Il y a aussi des attentes angoissantes : l’attente d’un emploi, de résultats médicaux.
Il y a encore des attentes joyeuses, un heureux événement, l’arrivée d’un ami qu’on n’a pas vu depuis longtemps.
L’attente joyeuse est celle qui décrit le mieux le temps de l’Avent, le retour du Christ. Cette première prière fait rapport avec le retour du Christ et la joie de chanter la louange. C’était beau la suite de la prière :
« pour qu’au jour où il viendra frapper à notre porte,
il nous trouve vigilant dans la prière, heureux de chanter sa louange. »
La prière d’ouverture était une très belle prière. Et pourtant nous avons un Évangile qui nous raconte l’histoire d’un centurion romain. Comme lui, dans notre monde, des millions de personnes ne connaissent même pas le Christ et ignorent ce qu’il pourrait nous apporter.
Aussi, notre prière, pendant de temps de l’Avent, devrait être une prière du désir, une prière missionnaire. Le centurion vient de rencontrer le sauveur, Jésus. C’est la raison de sa venue parmi nous, nous sauver. Il est venu pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en abondance.
Comme le disait le pape Benoît XVI, nous avons tous, comme le centurion, la capacité de nous arrêter, de regarder en profondeur en soi-même, et d’y lire cette soif d’infini qu’on porte en nous, qui renvoie à quelqu’un qui puisse la combler.
La foi est l’évènement de la rencontre entre l’homme et Dieu en Christ Jésus.
Elle est l’accueil de la personne de Jésus.
Mais Jésus ne peut rien sans cette confiance qui s’ouvre à la vie, au don de Dieu.
« Seigneur notre Dieu, nous t’en prions :
accorde-nous d’attendre sans faiblir la venue de ton Fils,
pour qu’au jour où il viendra frapper à la porte,
il nous trouve vigilants dans la prière,
joyeux de chanter sa louange. »
