Mgr J-C. Dufour – 1er avril 2022 – Jean 7,   1-2.14.25-30

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 1er avril 2022 – Jean 7,   1-2.14.25-30

 

Dans la première lecture, on nous raconte que les impies, ceux qui ne connaissent pas les secrets de Dieu, mettent le juste à l’épreuve.
Et, dans l’Évangile, on comprend que ce juste persécuté, c’est Jésus.
Décidément, on approche de la grande semaine, de l’arrestation brutale de Jésus, de son procès et de sa mort.

Dans l’évangile, on sent que l’étau de la haine se resserre contre Jésus.  Aussi il ne veut pas monter à Jérusalem parce que les juifs cherchent à le faire mourir.  Mais, finalement, il y monte en cachette.  Celui qui est le Seigneur du ciel et de la terre se doit de ruser et de prendre des précautions, autrement dit, il accepte les conditions difficiles de son humanité dans sa mission.

Mais une fois rendu à Jérusalem, le voilà qu’il enseigne dans le Temple. De fait, il se doit de manifester son autorité, de se manifester comme le Seigneur parce que s’il est homme, il est aussi Dieu.  Si on viendra l’arrêter, le faire prisonnier, c’est qu’il l’aura accepté le premier.
Il le dira lui-même : « je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau. » (Jn 10,17-18)

La première lecture nous parlait d’un homme intègre, fidèle à Dieu. Sa droiture apparaît comme un reproche perpétuel à ceux qui renient le Seigneur ou qui en prennent à leur aise avec sa loi.  Et ce juste persécuté appelle Dieu son père.  Ses ennemis le disent d’ailleurs : « Il se vante d’avoir Dieu pour père. »

Dans l’évangile, il y a aussi un juste qui est menacé, c’est Jésus, le propre Fils de Dieu, celui qui est passé en faisant le bien, en guérissant les hommes, en illuminant les cœurs.  Lui aussi, appelle Dieu son Père, mais pas en un sens large, comme peut le faire tout ami de Dieu, mais en un sens qui n’appartient qu’à lui, puisqu’il est Fils, le Fils de toute éternité, l’unique en qui le Père à mis toute sa complaisance.

« Je le connais, parce que je viens de lui », nous dit Jésus.  Il est le seul qui peut nous parler de Dieu et du monde de Dieu, et c’est lui que les hommes doivent écouter.  Ses adversaires croient tout savoir de lui parce qu’il vient de Nazareth, mais avant de venir de Nazareth, Jésus vient de Dieu.
« Il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. »
C’est pour ça qu’il est plus grand que nos limites d’hommes, qu’il est plus fort que toutes nos faiblesses, plus riche que toutes nos misères.
C’est parce qu’il vient du pays de Dieu que Jésus peut nous parler chaque jour de vie et d’espérance ;
c’est parce qu’il vient du pays de Dieu qu’il peut transformer nos tristesses en joie, nous redonner le goût de vivre, et nous rendre heureux dans le don de nous-mêmes.