Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 19 octobre 2022 – Luc 12, 39-48
Saint Paul écrit aux Éphésiens en leur disant : « Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. »
Saint Matthieu, dans l’histoire des rois mages nous disait la même chose. Toutes les nations sont associées au même héritage.
Et puis, dans l’évangile, ce matin, Jésus nous parlait d’un serviteur fidèle et d’un autre, infidèle.
Quand Saint Paul s’adresse aux Éphésiens, il apparaît comme un bon serviteur par la grâce de Dieu. « À moi qui suis vraiment le plus petit des fidèles, la grâce a été donnée d’annoncer aux nations l’insondable richesse du Christ. »
Dans l’histoire de mages, au contraire, on a bien du mal à trouver des bons serviteurs. On renseigne les Mages sur le lieu où devait être le messie, mais personne ne bouge le petit doigt.
Jésus avait déjà fait comprendre à ses apôtres que le salut de Dieu touchait toutes les nations.
Saint Luc, dans les Actes des Apôtres et saint Paul, dans ses lettres, n’oublient pas de le rappeler.
Ainsi, on rejoint l’évangile où Jésus nous présente deux serviteurs qui sont au service du même maître, mais qui sont bien différents l’un de l’autre.
Le premier serviteur est un homme fidèle et sensé qui fait la volonté de son maître. Il prend bien soin des serviteurs et des servantes de son maître; il leur distribue, en temps voulu, leur ration de nourriture.
Jésus en profite pour nous livrer une béatitude : « Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi. »
Le deuxième serviteur trouve que son maître tarde à venir. C’était la situation des premiers chrétiens qui attendaient le retour du ressuscité en constatant qu’il tardait à venir.
Voyant que son maître tardait à revenir, ce serviteur malmène les serviteurs et les servantes, se met à boire et à s’enivrer, prend du bon temps. Il profite de ses responsabilités au profit de son usage personnel. Évidemment, il fait le contraire de la volonté de son maître.
La Parole de Dieu nous remet ce matin devant la volonté de Dieu, à savoir que « Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse ».
Il est beaucoup question d’immigration de ce temps-ci aux nouvelles. Cette réalité nous remet en présence de la volonté du Père qui veut associer toutes les nations au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse.
Le maître de l’évangile, après avoir fait connaître sa volonté à ses serviteurs leur fait largement confiance.
En répondant à cette volonté du Seigneur, c’est toute notre existence qui se déploie sous le signe de la béatitude de Jésus, béatitude toute spéciale, béatitude du travail, de la fidélité dans le quotidien et de la vigilance.
En nous invitant à la vigilance, Jésus ne veut pas nous mettre dans un état de peur, un état qui nous met sur nos gardes.
La vigilance, c’est nous mettre en état d’accueillir la grâce d’un Dieu imprévisible qui s’approche de nous incognito.
