Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 19 Novembre 2018
( Luc 18, 35-43 )
À l’approche du temps de l’Avent, nous commençons la lecture du livre de l’Apocalypse.
Un livre que saint Jean a écrit à la fin de sa vie sous la forme d’une lettre adressée aux Églises d’Asie Mineure. Il faut savoir que ces Églises vivaient des temps difficiles à cause de l’empereur de Rome qui avait ordonné les persécutions. C’est à cette époque, alors qu’il vivait à Éphèse, que saint Jean fut exilé sur l’île de Patmos où il écrivit l’Apocalypse, un livre qui contient à la fois un message d’espoir et d’avertissement.
En écrivant son livre, saint Jean a voulu encourager les disciples persécutés en centrant tout son message sur la victoire du Christ, vainqueur du mal et de la mort. Il les encourage à tenir bon en leur disant que le Ressuscité demeure avec eux. Il les invite à attendre le retour du Christ qui viendra les libérer de tout mal.
Au début de sa lettre, saint Jean reconnaît tout ce qu’il y a de beau et de grand dans l’Église d’Éphèse :
« Je connais tes actions, ta persévérance… tu as tant supporté pour mon nom sans ménager ta peine. »
Mais, en même temps, il lui sert tout un avertissement en lui reprochant d’avoir abandonné son premier amour. Alors, il l’invite à se souvenir et à raffermir son amour parce que l’amour est libérateur et qu’il permet de mieux supporter les épreuves de la vie. Revenir à l’amour, c’est revenir au Christ parce qu’il n’y a jamais eu d’amour plus grand que dans le Christ.
Comment ne pas nous rappeler le fameux chapitre 13 de la 1ière lettre de saint Paul aux Corinthiens :
« L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. » (1 Cor. 13,4-8)
Les mots que saint Jean adresse à l’Église d’Éphèse sont bien valables pour nous.
Chez nous, on n’est pas dans un contexte de persécutions ordonnées par un empereur, mais on peut facilement rencontrer de l’opposition sans oublier que le doute et le découragement peuvent gêner notre marche vers le Seigneur. Ouvrons nos cœurs à l’annonce de l’Apocalypse qui vient proclamer que le Christ est vainqueur, qu’il est le Seigneur de la vie, qu’avec lui, nous pouvons bâtir un monde d’amour sans fin. Tout est là pour affermir notre foi et raffermir notre espérance.
Il se pourrait bien qu’on ait besoin d’agir comme l’aveugle de Jéricho.
Entendant Jésus passé, il crie et continue de crier même si on essaie de l’arrêter. Alors Jésus s’arrête et le guérit. Cette attention du Christ nous révèle que, chaque fois qu’au cœur de nos détresses, de nos misères, de nos aveuglements, nous élevons la voix et le prions avec confiance, foi et amour, le Seigneur nous entend, s’arrête et vient à notre secours.
Alors, notre prière se transformera en action de grâce comme celle de l’aveugle :
« Il suivait Jésus en rendant gloire à dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa une louange à Dieu », comme nous le faisons en célébrant l’eucharistie.
