Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 19 mars 2020 – St Joseph – Luc 2,41-51a
Il y a deux mots qui reviennent beaucoup dans les textes de la messe aujourd’hui. Le premier, c’est la « stabilité » avec tous les autres qui vont dans le même sens : « Stable pour toujours », « sans fin », « pour la suite des âges », « alliance…fidèle, « promesse…ferme »! Ils sont autant d’expressions différentes qui expriment la durée, la stabilité des promesses de Dieu, l’importance de l’Alliance que Dieu a fait avec David et par voie de conséquence avec son peuple.
Nous fêtons aujourd’hui saint Joseph, un descendant de David. Les promesses de Dieu, il a su les entendre au cours de sa vie, même dans les difficultés qu’il a souvent rencontrées au cours de sa vie. Il savait, il croyait que les promesses de Dieu sont sans fin, qu’elles allaient s’accomplir. Ainsi, il a pu écouter la voix de Dieu et avancer dans le silence.
Nous faisons partie d’une Église qui, après la résurrection du Christ, se considère être au cœur de l’alliance nouvelle. Elle se voit comme bénéficiaire des mêmes promesses divine qui pour elles sont : « Stable pour toujours », « sans fin », « pour la suite des âges », « alliance…fidèle, « promesse…ferme »!
Il y a un autre mot qui traverse les lectures : c’est le mot « Père ». Il est utilisé pour qualifier certains personnages, comme Abraham, David et Joseph. Au premier, Abraham, Dieu promet une descendance innombrable. « J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de nations. » « Espérant contre toute espérance, il a cru. » À David, il promet un règne sans fin : « Je serai pour lui un père; et lui sera pour moi un fils. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours». Ce n’est pas une précision anodine; le règne sans fin sera le propre de Jésus, le Fils de Dieu.
Le troisième qui est nommé « père », c’est Joseph qui est donné pour père terrestre au Fils de Dieu lui-même. « Il a pris une paternité qui n’était pas la sienne : elle venait du Père. Et il est allé de l’avant avec cette paternité et tout ce qu’elle signifiait : non seulement soutenir Marie et l’Enfant, mais aussi élever l’Enfant, Lui enseigner son métier, l’amener à la virilité. Prends une paternité qui n’est pas la tienne, mais celle de Dieu. Et ceci, sans dire un mot. Dans l’Évangile, il n’y a pas un seul mot prononcé par Joseph. Un homme de silence, d’obéissance silencieuse. »[1]
Mais les trois hommes présents dans les lectures, Abraham, David et Joseph, ont le même Père, c’est le Seigneur. C’est Jésus qui nous le dit, quand tout jeune encore, il répond à ses parents qui le cherchaient : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père? » Je pense que c’est la phrase la plus importante de l’évangile. On dit qu’être parent un jour, c’est l’être toujours. C’est encore plus vrai pour notre Père du ciel. Si « l’homme peut cesser d’être fils, Dieu ne peut cesser d’être un père. Dieu est infiniment père » (Stan Rougier).
Jésus a consacré toute sa vie à son Père, on ne le sait que trop; il nous l’a fait connaître; il a refléter sa lumière sur nous. Et nous sommes appelés fils et filles du Seigneur de l’univers, fils et filles d’un même Père, qui nous assure une alliance nouvelle et éternelle pour toujours. Puissions-nous dire souvent comme Jésus : « Il me faut être chez mon Père ». Puissions-nous lui dire que nous voulons le suivre sur cette voie, lui montrer que nous voulons toujours être au service du Père, un peu comme saint Joseph, qui a accepté toute une responsabilité tout en étant un homme de silence, d’obéissance silencieuse.
Je sais que, chaque jour, une religieuse est chargée de réciter une prière spéciale en son honneur. Je sais que vous reconnaissez le plus fidèle imitateur de Marie dans l’adoration et le service de Jésus. Vous le considérez comme votre plus puissant protecteur après Marie. Puissions-nous comme Saint Joseph nous consacrer tout entier à servir son Fils, né de la Vierge Marie.
[1] Pape François, 18 décembre 2017
