Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 19 juin 2021 – Vierge Marie, Mère de l’Église
Comme le suggère le Prions en Église, aujourd’hui, nous reprenons un peu la célébration de « La Vierge Marie, Mère de l’Église » comme nous l’avons fait le lendemain de la Pentecôte.
À ce moment-là, comme on dit parfois, on « retombait » dans le temps ordinaire. Pourtant ce temps ordinaire, nous sommes invités à le vivre sous le regard bienveillant et avec la présence maternelle de la Vierge Marie. C’est simple et réconfortant.
Quand je dis que l’Église « retombe » dans le temps ordinaire, je veux dire qu’elle vivra la beauté et les épreuves de la vie.
Nous allons rencontrer beaucoup de joie, mais aussi la souffrance avec son lot de déceptions et de difficultés. Au milieu de tout cela, Marie reste présente, comme une mère est proche de ses enfants. Autrefois, elle suivait son Fils du regard, aujourd’hui, c’est nous qu’elle regarde et qu’elle accompagne de son amour maternel, parce que c’est nous maintenant qui sommes les témoins de la présence de Jésus en ce monde.
J’emprunte ce qui suit à un moine cistercien de la stricte observance, Dom Armand Veilleux, un docteur en théologie, spécialiste en liturgie, qui a exercé des responsabilités monastiques un peu partout dans le monde.
Lors de la fête de Sainte Marie, Mère de l’Église, nous avons deux choix de lecture et un de ces choix était un récit des Actes des Apôtres où on voyait Marie qui priait avec les Apôtres et d’autres femmes dans un lieu qu’on appelle la « chambre haute ». C’est là que le Christ apparaissait aux Apôtres qui s’y étaient réfugiés. C’est là aussi qu’a eu lieu l’effusion de l’Esprit le jour de la Pentecôte. C’est là, dans la « chambre haute » que Jésus avait célébré la Pâques avec ses disciples. C’est toujours là qu’avait eu lieu le lavement des pieds, le repas de la dernière Cène, l’institution de l’Eucharistie.
Il est question aussi de « chambre haute » lors de la naissance de Jésus. Saint Luc nous dit que Marie déposa son fils dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place dans la « chambre haute », mot qu’on a traduit par « auberge ». Je viens de vous le dire, Jésus a institué l’Eucharistie aussi dans la « chambre haute ». Ce que veut dire Luc, dans ce langage symbolique, c’est que Marie, en déposant son fils dans une mangeoire, nous le donnait en nourriture, en attendant qu’il puisse se donner lui-même à nous dans « la chambre haute » de la Dernière Cène, dans l’Eucharistie.
Je vous avoue que j’ai beaucoup aimé ce mot de Dom Armand Veilleux. Alors, ce matin, en célébrant l’Eucharistie, remercions Jésus de nous avoir donné sa Mère, et remercions Marie de nous avoir donné son Fils qui se donnera lui-même dans l’Eucharistie.
