Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 19 Juin 2019
( Matthieu 1-6.16-18 )
« Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur »
Au moment où saint Paul écrit ces mots, les Églises de Palestine sont dans la plus grande pauvreté. Les juifs qui avaient adhéré au Christ, rejetés par leurs familles à cause de leur foi, menaient une existence très précaire. Alors, saint Paul fait une collecte dans les différentes Églises du monde grec et de l’Asie Mineure pour venir en aide à leurs frères et leurs sœurs en Judée.
En faisant appel à des dons, saint Paul énumère des principes qui sont bien valables pour d’autres genres de besoins.
Si on se demandait qui sont les gens qui ont besoin d’aide autour de nous, on mentionnerait rapidement les personnes qui ont besoin d’aide physique, celles qui ont besoin d’aide émotionnelle, d’aide sociale et d’aide spirituelle.
Il y a une chose qui est très claire en lisant saint Paul, les principes qu’il énumère s’appuient sur la manière d’agir de notre Dieu.
« Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur »
Saint Paul ne veut pas faire à l’aide sous la contrainte ou dans l’obligation, mais comme décidé dans notre cœur. Autrement, le geste n’aurait pas la même profondeur ou la même force de générosité. Paul ne veut pas donner d’ordre. Pour lui, ce n’est pas nécessaire, notre désir d’aider devrait plutôt s’appuyer sur le fait que Dieu nous procure en abondance ce dont nous avons besoin : « Dieu qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, vous fournira la graine ; il la multipliera, il donnera la croissance […] Il vous rendra riches en générosité de toute sorte. » Dieu ne met pas de limites à sa nature généreuse et nous invite, nous aussi, à écouter notre cœur pour qu’il se laisse bouleverser par les événements et donne joyeusement. « Dieu aime celui qui donne joyeusement. »
À la joyeuse générosité, Jésus ajoute le fait de donner et d’agir en toute discrétion. Faire l’aumône, prier ou jeûner pour se faire voir n’ajoute rien à la qualité de notre geste ; au contraire, il le diminue parce que nous recevons l’admiration des autres.
La discrétion vient orner la qualité de notre geste puisqu’elle demande de l’humilité et de la maîtrise de soi. En plus, la discrétion préserve la dignité de ceux et celles envers qui la générosité s’exerce. La discrétion est un complément essentiel de l’amour ; elle en est la marque de commerce. Le geste a beau être généreux, s’il est rempli pour être bien remarqué, il laisse une mauvaise impression. Dieu est la discrétion par excellence ; il ne s’impose pas à nous. Bien plus, il donne dans le plus grand secret et sans espérer en retour.
Seigneur, transforme-nous, inspire-nous de ta nature généreuse et de ta discrétion et rends-nous si généreux que nous puissions te plaire en toute chose. (Inspiré de la prière après la communion)
