Mgr J-C. Dufour – 19 avril 2021 – Jean6,  22-29

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 19 avril 2021 – Jean6,  22-29

 

Il est beaucoup question de barques dans l’évangile aujourd’hui ! Il faut dire que c’est la façon la plus rapide de passer du désert où Jésus vient de multiplier des pains à Tibériade ou à Capharnaüm.

 

Au lendemain de la multiplication des pains, les gens restent cloués sur place, à regarder Capharnaüm. En effet, il n’y avait qu’une seule barque et les disciples l’avaient prise pour traverser le lac, mais Jésus n’était pas avec eux. Mais où se trouve Jésus ? Enfin les gens peuvent monter dans d’autres barques qui viennent d’accoster et ils naviguent à la recherche du Seigneur en se rendant à Capharnaüm. Montons dans ces barques nous aussi pour rechercher Jésus.
Mais quel Jésus cherchons-nous ?

 

Il faut prendre note qu’un seul ne prend pas de barque.
Comme si, saint Jean, de manière subtile, veut nous faire comprendre que Jésus n’est pas un prophète ordinaire. Il se conduit un peu déjà comme s’il était déjà ressuscité. Ce n’était peut-être pas pour rien que dans un verset précédent, saint Jean nous dit qu’on était proche de la Pâque, la fête des juifs. (Jn 6,4)

 

Les foules cherchent Jésus, mais qui cherchent-elles en vérité ?
Jésus n’est pas dupe. C’est lui qui pose la question en affirmant : « Vous me cherchez, non parce que vous avez vu à travers les signes, mais parce que vous avez eu du pain et que vous avez été rassasiés » (Jn 6,26). Aujourd’hui, c’est à nous que Jésus pose la question, et comme les foules, nous devons répondre.

 

D’hier comme aujourd’hui, les humains sont à la recherche du divin.
Mais on voudrait souvent que Dieu vienne satisfaire nos besoins, aussi humains soient-ils. Même que l’histoire nous fait voir que parfois des hommes veulent utiliser le divin à des fins politiques ou autres.

 

Ce n’est pas pour rien que le pape François nous incite à travailler à ré-évangéliser notre monde qui souvent n’est pas venu à Dieu pour les bons motifs.
Nous rappelant un texte du Concile qui dit : « L’Église sait parfaitement que Dieu seul, dont elle est la servante, répond aux plus profonds désirs du cœur humain que jamais ne rassasient pleinement les nourritures terrestres ». Jésus nous le disait dans l’Évangile : « Travaillez mon pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme. » 

C’est la nourriture que nous prenons présentement, l’Eucharistie, une nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle.