Mgr J-C. Dufour -18 septembre 2023 – Luc 7, 1-10

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 18 septembre 2023 – Luc 7, 1-10

 

Je fais allusion assez souvent à des surprises qu’on a dans la Parole.  On en a toute une encore aujourd’hui.
C’est curieux de voir comment on a du mal parfois à voir ce qui est très évident. Dans cet évangile, par exemple, et avec raison, on s’arrête à Jésus qui signale à ses auditeurs comment la foi du centurion sort de l’ordinaire.  Ce qui est très surprenant, c’est que le centurion n’est pas venu rencontrer Jésus, que Jésus ne l’a jamais vu, parce qu’au lieu de venir lui-même faire une demande à Jésus, il envoie lui envoie deux délégations pour porter son message au Seigneur.

La première délégation est composée des notables juifs qui nous apprennent que l’homme a de l’amour pour le peuple élu.
Avec son salaire, il a fait bâtir leur synagogue, leur maison de prière, et ce pour un peuple qui lui est étranger.  On peut dire du centurion qu’il accomplit le précepte du Seigneur qui nous demande d’aimer les étrangers et les ennemis.  En plus, le centurion, se fait du souci pour un esclave qu’il traite comme son ami ou son frère.  Ce n’est pas la manière habituelle de traiter les esclaves, surtout pour un soldat, j’imagine.  On peut dire qu’il regarde son esclave à la manière de Jésus qui nous invite à regarder tout homme, toute femme, comme un être aimé de Dieu. Décidément, ce centurion a beaucoup à nous apprendre.

Alors que Jésus se met en route pour aller le rencontrer arrive une deuxième délégation composée celle-là, des amis du centurion. On sent que ce sont de vrais amis, des gens sur qui il peut compter pour bien le représenter. 

Un homme humble, le centurion! Il se juge indigne de parler face à face avec le Seigneur.
Comme il connaissait le peuple juif, il savait sans doute que demander à un Juif de venir dans la maison d’un païen, c’était le mettre dans une position très délicate.  D’ailleurs, à quoi bon le faire quand une parole suffit?  C’est son expérience de soldat. Il n’a qu’à donner un ordre, et c’est fait.  Combien plus la Parole de Jésus, le maître de tout, peut-elle guérir de loin l’homme malade.  Il en est convaincu.

Mais Jésus ne donne aucun ordre, ne fait aucun geste!  Au contraire, il se tourne vers la foule et signale comment la foi de ce soldat, de cet étranger, sort de l’ordinaire.  Il y a un reproche qui nous est adressé dans cette Parole.  Jésus s’attend de nous que nous soyons comme le centurion, qu’on lui adresse un mot, qu’on lui fasse une demande, dans la confiance, dans l’espérance, dans l’amour.

Nous rencontrons sur notre route des gens qui ressemblent un peu au centurion, des gens qui nous délèguent, qui nous demandent de porter leur message, leur demande ou leur prière au Seigneur.  Dans cet esprit, demandons au Seigneur de nous aider à ressembler au groupe de notables juifs ou au groupe des amis du centurion. Chaque fois que nous avons le privilège de nous adresser au Seigneur dans la prière, dans un face à face avec lui, puissions-nous porter le message de nos frères et nos sœurs pour permettre au Seigneur de manifester son salut dans leur vie.