Mgr J-C Dufour-18 octobre 2018-Saint Luc-Luc 10, 1-9

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 18 octobre 2018 – Saint Luc

Luc 10, 1-9 )

 

« Luc est seul avec moi » vient de dire saint Paul en écrivant à son ami Timothée.
On le décrit souvent comme l’apôtre missionnaire par excellence. Mais quand on lit ses lettres ou les Actes des Apôtres, on s’aperçoit rapidement qu’il n’aimait pas évangéliser tout seul. Pour lui, pour annoncer les merveilles de Dieu accomplies par Jésus Christ, ça prenait au minimum deux voix. De fait, au fil de ses voyages, on le voit accompagné ou soutenu par des frères ou sœurs qui sont nommés dans la première lecture : Démas, Crescent, Tite, Marc, Tychique, Carpos. Si on ne connaît pas grande chose de ces collaborateurs de Paul, d’autres sont plus connus, comme saint Luc, un médecin qui a écrit un évangile et les Actes des Apôtres pour que la Bonne Nouvelle résonne jusqu’aux extrémités du monde. On sent que Luc était bien entré dans les vues de Paul, mais il serait encore plus juste de dire que les deux étaient entrés dans les vues de Dieu.

 

On rejoint ainsi l’évangile. « En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. »
« DEUX PAR DEUX ». 
Il ne s’agit pas d’une mission personnelle, mais celle d’au moins deux personnes envoyées ensemble, chacune témoignant à la fois du Christ Jésus, du « règne de Dieu » et de la foi vivante de son partenaire. Ça nous fait comprendre que chaque personne baptisée participe à la mission de l’Église de Dieu tout entière.

 

Personne ne s’attend à ce que les Servantes de Jésus Marie partent, deux par deux, sur les routes du monde, parce que, c’est ici même que vous exercez votre mission, c’est ici que vous travaillez pour le salut du monde.
Il y a une consigne de Jésus qui vient bien vous rejoindre dans votre vie de chaque jour :
« Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson»
Remarquez bien à nouveau que Jésus mentionne « sa moisson » et non pas « notre moisson ».
C’est important de le réaliser. Le Bon Dieu sait ce qu’il a semé ; il connaît bien le rendement de ses champs; il regarde l’avenir avec confiance. Ce serait lui faire injure si on ne regardait pas l’avenir comme lui. Notre Dieu ignore la défaite. On le voit en son Fils qui a vaincu toutes les lenteurs et tous les refus du monde.

Prions donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.