Mgr J-C. Dufour – 18 novembre 2023 – Luc 18, 1-8

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 18 novembre 2023 – Luc 18, 1-8

 

Une fois, tout de suite après la messe, un dimanche, une femme me cria très fort : « Ils sont bons à rien vos lampions! »
Elle avait fait une demande et elle était déçue.  Il arrive que des croyants aient l’impression de ne pas être écoutés dans leurs prières, qu’ils ne répondent pas à leur prière, qu’ils prient pour rien.

C’est pourquoi, Jésus nous raconte une petite parabole.  Il veut renouveler notre espérance.  Il nous révèle que, nous, on ne prie pas un juge inique, mais un Père qui a du cœur, un Père auprès de qui on peut toujours trouver un accueil favorable.

La pauvre veuve demandait au juge de lui rendre justice, mais « Longtemps, il refusa ».
On comprend qu’elle a dû être des plus persévérante dans sa prière. Commencer à prier, ce n’est pas trop difficile, mais persévérer dans la prière, c’est une autre affaire.  Cette pauvre veuve fait partie non seulement des personnes les plus vulnérables de son temps, mais en plus, elle fait affaire avec un juge qui se foute de la justice.  Elle a toutes les raisons de se décourager, mais elle poursuit sans cesse le juge de ses réclamations parce qu’elle n’a pas le choix, elle est dans l’extrême besoin.

Jésus nous fait comprendre que si cette veuve persévère dans la prière, c’est en raison de sa faiblesse et de sa pauvreté.
On retrouve là la première béatitude : « Heureux les pauvres de cœur, le royaume des cieux est à eux. »
La pauvreté du cœur agit de deux manières : elle nous fait prendre conscience de nos besoins et de nos faiblesses pour ensuite nous placer devant le seul qui peut les combler, le Dieu de justice.  La pauvre veuve sait bien que le juge inique est le seul à pouvoir lui rendre justice.
Ainsi en est-il pour nous, notre Dieu est le seul qui puisse combler nos besoins les plus profonds.

« Longtemps, il refusa. »
On comprend que la pauvre veuve a dû faire preuve de patience et attendre longtemps avant que le juge lui rende justice.  Ainsi notre prière ! Elle est toujours faite d’attente, d’une attente persévérante.  Ça ne veut pas dire pour autant qu’elle tombe dans le vide parce que nous nous appuyons sur les promesses du Christ et sur la présence de l’Esprit Saint.  Le Seigneur est déjà là !  Demeurons devant lui dans une attitude de pauvre, le cœur et les mains ouvertes.

« Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux ».
 Que le Seigneur nous fasse cette grâce de la pauvreté du cœur pour tenir fidèlement dans une prière confiante en son Amour qui peut et veut le bien pour chacun et chacune de nous.