Mgr J-C. Dufour – 18 novembre 2022 – Apocalypse 10,   8-11

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 18 novembre 2022 – Apocalypse 10,   8-11

 

Dans le livre de l’Apocalypse, saint Jean nous dit : « Je pris le petit livre de la main de l’ange, et je le dévorai. Dans ma bouche, il était doux comme le miel, mais quand je l’eus mangé, il remplit mes entrailles d’amertume. »
Le prophète Ézéchiel avait dit quelque chose de semblable : « Fils d’homme, remplis ton ventre, rassasie tes entrailles avec ce rouleau que je te donne. » Je le mangeai, et dans ma bouche il fut doux comme du miel. » (Ez. 3,3)

Évidemment, il est question de la Parole de Dieu qui est parfois douce comme du miel et parfois amertume.
Parfois il est bon de recevoir la Parole et parfois déchirante de la porter comme un prophète.
Parfois, ça fait du bien d’annoncer le salut et parfois bouleversant de faire part du jugement.
Parfois, il est bon de se savoir choisi et parfois pas drôle d’annoncer la persécution.

Parfois, la Parole est douce.
Douce, car tout ce qui vient de Dieu ne peut qu’être bon. Goûter la Parole comme du bon pain, goûter le pain de vie :
« Prends et mange le livre »… « Prenez et mangez, ceci est mon corps…. »

Parfois la Parole est amère, car elle nous travaille au plus profond de notre être, elle nous révèle ce que est encore mauvais dans notre cœur.
La lettre aux Hébreux dit : « Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. » (He 4,12)
Et c’est alors qu’on mesure toute la distance qui nous sépare encore de Dieu Amour.
Mais il ne faut pas s’effrayer; si nous sommes loin, son cœur de Père sait se faire proche de ses enfants.

Parfois la Parole est doublement amère pour celui qui est chargé d’annoncer la Parole quand il est confronté à sa propre imperfection, à son indignité alors qu’il se doit d’affronter le monde, les peuples et les gouvernants qui refusent et rejettent la Parole.

Parfois nous ressentons de l’amertume quand nous sommes confrontés à la violence, à la guerre, à l’injustice, à l’indifférence, à cet écart entre le monde et le Royaume, cet écart qui existe aussi à l’intérieur de nous ? Cela nous serre le cœur et nous fait mal.

Le miel de nos vies, c’est la tendresse du Père, c’est la Bonne Nouvelle du Salut promis à tous les hommes de bonne volonté, ce sont les signes du Royaume, c’est l’annonce de la Résurrection.

Donne-nous Seigneur de voir et de croire…. de « goûter comme est bon le Seigneur ».