Mgr J-C. Dufour -18 mai 2024 – Jean 15, 9-11- Funérailles de S. Marie-Denise-de-Jésus, sjm ( Denise Boisvert )

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 18 mai 2024 – Jean 15, 9-11

Funérailles de Sœur Marie-Denise-de-Jésus, sjm ( Denise Boisvert )

La liturgie des funérailles sera présidée par M. l’abbé Yves Mayer.

 

Nous allons entendre cet évangile au moins trois fois durant le mois de mai ; c’est le testament de Jésus qui est arrivé au bout de sa mission. Il n’a qu’un désir, que ses disciples demeurent dans son amour. C’était bien clair ; cet évangile n’a que trois petits versets mais le mot « amour » revient cinq (5) fois.

Pourquoi j’ai choisi cet évangile pour aujourd’hui ?
Le 2 mai, en après-midi, je suis allé donner le sacrement des malades à S. Marie-Denise.
Elle était très lucide et se montrait heureuse d’accueillir ce don du Seigneur qu’elle voyait rempli de grâce. Spontanément, je lui rappelai une parole d’évangile que nous avions écouté le matin, le même que l’évangile d’aujourd’hui où Jésus nous invite à demeurer dans son amour.  Spontanément, je dis à S. Marie-Denise, c’est toute votre vie qui est là-dedans et 56 ans de vie religieuse comme épouse Christ.

L’amour dont nous parle Jésus, c’est d’abord l’amour qu’il a reçu de son Père « Comme le Père m’a aimé ».  C’est parce qu’il a reçu beaucoup d’amour qu’il a été capable d’aimer durant toute sa vie.  Cet amour reçu de son Père, il l’a exprimé par le don qu’il a fait de sa vie.  On ne peut donner que ce qu’on a reçu.  C’est vrai pour toute personne, c’est vrai pour S. Marie-Denise.
« Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés
et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. »

Cette Parole, S. Marie-Denise l’a entendue des centaines de fois.  Elle l’a méditée, elle y a cru ; elle a été le moteur de sa vie, de son amour.  J’oserais dire qu’elle a voulu nous la faire entendre aujourd’hui comme son testament au bout de sa mission.

Jeune infirmière encore, elle découvre la communauté des Servantes de Jésus-Marie.
Son aspiration à devenir l’épouse de Jésus se concrétise le 24 mai 1970 lorsqu’elle prononcera ses vœux perpétuels.

On lui assigne alors la charge d’infirmière.  Très dévouée, elle ne calcule pas les heures au chevet de ses malades.  Elle y met tout son cœur.  Auprès des sœurs mourantes, elle veille sans relâche sur leur bien-être, priant pour elles.  Par la suite, elle exerce d’autres tâches, tout lui réussit. On la nomme responsable des beaux-arts.  Elle repeint la statue de Notre-Dame de Pellevoisin, celle de Saint Joseph, et d’autres.  À la fin de sa vie, elle accueille un diagnostic incurable et une fin prochaine.  Elle dira :
« J’ai toujours voulu faire la volonté du bon Dieu,  ce n’est pas à 88 ans que je vais faire le contraire. »

 Elle remercie pour tout, demande pardon à ses sœurs.  Durant la dernière phase de sa maladie, elle manifeste qu’elle a hâte de rencontrer l’Époux divin.

Ça s’est manifesté particulièrement samedi dernier, la veille de la fête de l’Ascension.  Alors que deux religieuses étaient près d’elle, elle ne cessait de dire : « consolation, joie, joie… Consolation, joie, joie. Et un peu plus tard, alors qu’une autre lui demandait si elle aimerait partir le lendemain, jour de l’Ascension, elle répondit que
« Oui, et s’il le faut je vais m’accrocher au Christ alors qu’il s’élève vers le ciel ».

Ce que Jésus nous disait dans l’Évangile :
« Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite »,

Marie-Denise y croyait fermement. Ayant hâte de monter au ciel et de rejoindre les siens dans la patrie céleste, elle promet de prier pour sa communauté, sa famille et ses amis et nous tous.

Poursuivons notre prière pour elle dans la confiance.