Mgr J-C. Dufour- 18 mai 2020 – Actes des Apôtres 16,11-15

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 18 mai 2020 – Actes des Apôtres 16,11-15

 

Vous vous rappelez que Jésus au puits de Jacob, en Samarie, initia d’abord une femme au mystère du royaume de Dieu. Vous vous rappelez aussi que la première apparition de Jésus ressuscité était à une femme, Marie-Madeleine. Aujourd’hui nous trouvons quelque chose de semblable.

Samedi, je vous disais qu’après deux interventions de l’Esprit Saint, Paul et ses compagnons avaient compris qu’il devait aller annoncer l’évangile en Macédoine. C’était la première fois que l’évangile pénétrait en Europe et ça commence encore avec une femme.

Paul et ses compagnons sont donc en mission dans une ville, la ville de Philippes, qu’ils ne connaissent pas encore. Aussi, ils essaient de trouver un endroit où les Juifs de rassemblent pour leur annoncer la bonne nouvelle à eux d’abord. En fait, ils rencontrent, au bord de la rivière, un groupe de femmes. Il y a une en particulier, Lydie, qui adorait le Dieu unique, qui se fait attentive à la parole et qui demande le baptême.

Elle reçoit l’évangile avec enthousiasme et offre l’hospitalité aux missionnaires. « Si vous avez reconnu ma foi au Seigneur, venez donc dans ma maison pour y demeurer. » Lydie n’était pas juive, originaire de Thyatire, ville qui était renommée pour son commerce ce pourpre. Lydie avait probablement continué le commerce de son mari décédé.

Commerçante aisée, Lydie se manifeste dans sa capacité de prendre des décisions.   Ce qu’il faut comprendre surtout, c’est que cette femme devient un pilier dans l’Église de Philippes, elle est une mère pour l’apôtre et pour ses compagnons et une excellente organisatrice pour la jeune communauté. Plus tard, Paul écrira une lettre aux Philippiens dans laquelle il dira : « Vous, les Philippiens, vous le savez : dans les premiers temps de l’annonce de l’Évangile, au moment où je quittais la Macédoine, je n’ai eu ma part dans les recettes et dépenses d’aucune Église, excepté la vôtre.   À Thessalonique déjà, vous m’avez envoyé, et même deux fois, ce dont j’avais besoin. »

Il est fort probable que ces dons aient été envoyés par l’entremise de Lydie elle-même. Cette admission de la part de Paul est d’autant plus révélatrice qu’il n’accepta d’aide financière d’aucune autre communauté chrétienne. Il a toujours insisté pour gagner sa vie grâce à son travail ; Paul était un fabricant de tentes.

Paul loue souvent les femmes qui accompagnent son travail missionnaire : on peut penser à Lydie, à Chloé, à Phébée, la mère de Rufus, la femme de Philémon, Appia. Il encourage les veuves courageuses qui pratiquent les œuvres de charité. On peut penser également à toutes ces femmes qui accompagnaient Jésus « Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Chuza, intendant d’Hérode, Suzanne, et plusieurs autres, qui l’assistaient de leurs biens. »

J’ai tenu à souligner tout ça aujourd’hui comme une manière de vous dire que vous avez un rôle irremplaçable dans l’Église.