Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 18 juin 2020 – Matthieu 6,7-15
« Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens … Vous donc, priez ainsi : « Notre Père … ».
Nous avons trop l’habitude de ces mots que nous connaissons par cœur alors qu’ils devraient être prononcés par le leur. On peut être tellement habitués de les dire que les oreilles ne les entendent plus. Mais vraiment la prière que Jésus nous a enseignée ne se récite pas, encore moins elle ne doit être rabâchée.
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus disait : « Quand nous commençons à prier, prenons d’abord le temps de penser à qui nous parlons. » Un jour, on demanda à quelqu’un de sage : « Tu as de nombreux enfants, quelle est ton préféré? L’homme répondit :
Celui de mes enfants que je préfère,
C’est le plus petit jusqu’à ce qu’il grandisse.
Celui qui est loin jusqu’à ce qu’il revienne.
Celui qui est malade jusqu’à ce qu’il guérisse.
Celui qui est prisonnier jusqu’à ce qu’il soit libéré.
Celui qui est éprouvé jusqu’à ce qu’il soit consolé. »[1]
Rappelons-nous, disait encore Ste Thérèse qui est Jésus, le Maître qui nous a enseigné à prier. Représentons-nous le Seigneur lui-même près de nous. Voyons avec quel amour et quelle humilité Il nous enseigne. Autant que nous le pouvons, restons avec cet Ami si bon. Nous nous habituerons à le considérer près de nous. Regardons-le, celui qui ne nous perd jamais de vue. Il est inutile de beaucoup lui parler, car il n’aime pas que nous nous cassions la tête, en Lui parlant beaucoup*.
Nous commençons par dire « Notre Père », tout de suite les limites de nos familles de sang partent en éclats, et nous devenons membre d’une famille sans nombre. Nous sommes alors engagés à reconnaître en tout visage humain un frère, une sœur, et à lui dire : « mon frère » !
« Un vieux rabbin demandait une fois à ses élèves à quoi l’on peut reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour commence.
Est-ce lorsqu’on peut sans peine distinguer de loin un chien d’un mouton? Non, dit le rabbin.
Est-ce quand on peut distinguer un dattier d’un figuier? Non, dit le rabbin.
Mais alors, quand est-ce donc? demandèrent les élèves.
Le rabbin répondit : C’est lorsqu’en regardant un visage de n’importe quel homme, tu reconnais ton frère ou ta sœur. Jusque-là, il fait encore nuit dans ton cœur »[2]
« Notre Père… »
[1] Paraboles pour aujourd’hui, Jean Vernette
[2] Paraboles pour aujourd’hui, Jean Vernette
