Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 18 juillet 2025 – Matthieu 12, 1-8
Nous assistons aujourd’hui encore à un débat entre les pharisiens et Jésus. Les pharisiens protestent en voyant les disciples arracher des épis pour les manger, un jour de sabbat : « Tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat. » C’est une critique habituelle pour eux.
Mais cet évangile nous apprend quelque chose de bien grand sur Jésus.
À travers les deux exemples qu’il raconte aux pharisiens, celui du roi David qui avaient mangé le pain des offrandes et celui des prêtres qui manquent au repos le jour du sabbat, on se doit de reconnaître que le premier souci de Jésus n’est pas de faire respecter la loi à la manière des pharisiens. On comprend que s’il s’est fait présent dans notre monde, ce n’est pas pour sauver la loi parce qu’il avait un autre but bien plus grand.
Ce qui préoccupe Jésus, ce sont les personnes qu’il voit dans une grande détresse et qu’il veut sauver. Ce sont ces hommes et ces femmes que Dieu aime et à qui il veut se communiquer. Jésus est venu dans le monde pour nous révéler l’amour du Père. Ce qui l’inspire et le guide dans toutes ses démarches, c’est vraiment l’amour des hommes, le souci de les tirer de leur détresse, de les arracher à leur déchéance, de leur rendre la dignité et la joie. Il n’y a aucune loi qui peut faire ça.
À la fin de son débat avec les pharisiens, Jésus ajoute : « Il y a ici plus grand que le Temple. » Jésus est le nouveau maître du sabbat. Il nous le donne comme une faveur et une obligation, une faveur où il vient nous donner le repos de Dieu; une obligation qui nous invite à le chercher nous-même parce que c’est toujours en lui qu’on peut trouver le véritable repos. « Venez à moi, vous qui pliez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. »
Et Jésus ajoute : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice. » On a entendu cette même parole, il n’y a pas longtemps, lorsque Jésus mangeait avec les pécheurs après avoir appelé Matthieu. Cette petite phrase exprime tout le comportement de Jésus. Cette phrase exprime la priorité de l’amour sur tout autre commandement. À travers cette parole, Jésus vient nous dire ce qu’il attend de nous. Pour nous les chrétiens, l’amour est notre programme de vie, notre loi fondamentale, le critère de notre comportement.
