Mgr J-C Dufour-18 janvier 2019-Marc2, 1-12

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 18 Janvier 2019

( Marc 2, 1-12 )

 

« Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : mon enfant, tes péchés sont pardonnés .»
Il y a beaucoup dans cette petite phrase. « Voyant leur foi »
Jésus avait dit à Nicodème que la foi était comme le vent. Le vent, on ne le voit pas, mais quand il déracine des arbres, arrache des toitures, on n’a pas de doute, il existe, il devient visible dans les effets qu’il produit. Il en est ainsi pour la foi, elle n’est pas visible comme le vent, et pourtant, on peut la voir dans ses effets.
Saint Jacques disait : « Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. » (Jc 2,18)
C’est ainsi que Jésus voit la foi des quatre amis du paralytique, il la voit dans leurs gestes : ils le portent, l’amènent à Jésus, font une ouverture dans le toit et descende le brancard sur lequel il était couché.

 

De la même façon, Jésus a dû voir la foi du paralytique. Il l’a vu dans ses gestes.
Si le paralytique n’avait pas eu la foi, il n’aurait jamais accepté que ses amis l’amènent à Jésus.
S’il n’avait pas eu la foi, il ne se serait pas levé et obéi aussi facilement à l’ordre de Jésus.
S’il n’avait pas eu la foi, Jésus n’aurait pu rien faire pour lui.
Quand Jésus était allé dans son village, ses concitoyens ne croyaient pas en lui. Aussi, saint Marc concluait cette visite en disant :
« il s’étonna de leur manque de foi. » (Marc 6,5-6)

 

La foi des porteurs a été des plus puissantes en faveur du paralytique : non seulement il a obtenu le pardon de ses péchés, mais aussi sa guérison physique.
Cet évangile nous apprend que notre prière faite dans la foi peut avoir beaucoup de conséquences en faveur des autres.
Dimanche prochain, dans la prière universelle, nous prierons pour les personnes qui éprouvent des difficultés ou qui ressentent un mal de vivre.
Nous prierons pour toutes les Églises, catholiques, orthodoxes et protestantes.
Rappelons-nous que notre prière faite dans la foi est puissante.

 

Pourquoi Jésus a-t-il commencé par le pardon des péchés au lieu de guérir tout de suite le pauvre homme qu’on venait de descendre devant lui ?
On peut comprendre que le Bon Dieu est bien plus préoccupé par notre santé spirituelle que par notre santé physique.
Mais on peut penser aussi que Jésus a perçu le vrai et profond cri du cœur de l’homme qui est devant lui, un cri du cœur qui était de se réconcilier avec son Dieu.

 

Après nous avoir pardonné, Jésus nous adresse les mêmes paroles qu’au paralytique : « Lève-toi, prends ton brancard et rentre dans ta maison. »
Le Seigneur nous ordonne de nous lever, de nous tenir debout, de prendre notre brancard, c’est-à-dire de ne pas fuir nos difficultés, nos croix, mais de les prendre à bras le corps.
Levons-nous comme le paralytique, devenons des personnes et des disciples responsables qui portent leur croix.
Et puis, Jésus nous demande encore de rentrer à la maison pour vivre et construire des liens fraternels avec nos proches.