Mgr J-C Dufour-18 février 2019-Genèse4, 1-15.25

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 18 Février 2019

( Genèse 4, 1-15.25 )

 

Le livre de la Genèse nous raconte une histoire d’une brûlante actualité.
Adam et Ève avaient déjà brisé les liens qui les unissaient à Dieu ; et aujourd’hui, la première lecture nous raconte que c’est le lien de la fraternité qui est brisé.

 

Ève avait donné naissance à un premier fils qu’elle avait appelé Caïn, puis à un deuxième qui portera le nom d’Abel. Avec ces deux frères, c’est l’histoire d’une fraternité qui commence, une fraternité qui est appelée à grandir, malheureusement, c’est le contraire qui arrive.

 

La triste histoire entre Caïn et Abel commence par une petite jalousie, ce qui est souvent encore la cause de la violence dans notre monde.
C’est ce sentiment de jalousie qui commence à surgir dans le cœur de Caïn quand il voit que son sacrifice n’avait pas été bien accepté que celui d’Abel, ce qui paraît dans son attitude.
« Le Seigneur lui dit :
«Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ?
Si tu agis bien, ne relèveras-tu pas ton visage ?
Mais si tu n’agis pas bien… le péché est accroupi à ta porte.
Il est à l’affût, mais tu dois le dominer. »
Mais la jalousie de Caïn continue de grandir et ira jusqu’au meurtre de son frère.

 

Les rancunes qui naissent entre les hommes commencent toujours par quelque chose de petit.
Ce qui est arrivé dans l’histoire de Caïn et Abel peut très bien nous arriver à tous.
Le pape François soulignait que toutes fissures avaient commencé ainsi dans notre Église. « Le péché est accroupi à ta porte. Il est à l’affût, mais tu dois le dominer. »

 

Devant cette attitude de l’homme, que fait le Seigneur ?
Il nous demande comme à Caïn :
« Où est Abel, ton frère ? »
Caïn aurait pu répondre :
« Oui, je sais où est Abel, mais je ne sais pas où est mon frère, parce qu’Abel n’est plus mon frère : j’ai détruit la fraternité. »

 

Je me demande si ce n’est pas ce qui arrive dans notre monde?
Quand Dieu demande à l’humanité « Où est ton frère, où est ta sœur ».
On pourrait bien lui répondre de la même manière que Caïn :
« Je sais où ils sont ceux que nous avons tués par nos bombes et nos champs de mines, mais ce ne sont pas mes frères, ce ne sont pas mes sœurs. »

 

Ce qui détruit la fraternité, c’est l’envie, la jalousie qui sort de notre cœur.
Prenons vraiment le temps de laisser le Seigneur nous demander :
« Où est ton frère? Où est ta sœur ? »
Alors, pensons à tous ceux et celles que nous avons éloignés de nous, pensons à tous ceux et celles qui sont traités comme des choses et non comme des frères ou des sœurs.
Lors de son voyage aux Émirats arabes unis au début du mois, le pape François a déclaré :
« Si on n’arrive pas à faire la paix entre religions, ne rêvons pas à la paix à la grandeur du monde !»

 

Dans l’Eucharistie qui nous rassemble, nous faisons mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus.
Pourquoi Jésus est-il mort sur une croix ?
Parce que ses œuvres de bonté ont suscité la jalousie des hommes, une jalousie qui l’a conduit à la mort comme dans l’histoire d’Abel.

 

Mais il est ressuscité le troisième jour parce qu’il n’a jamais cessé de nous aimer comme ses frères et ses sœurs.
Après son unique sacrifice offert pour les péchés, après son sacrifice  « QUI PARLE PLUS FORT QUE CELUI D’ABEL » (Hé 12,24)
« JÉSUS CHRIST… S’EST ASSIS POUR TOUJOURS À LA DROITE DE DIEU. » (He 10,12)