Mgr J-C. Dufour- 18 août 2019 – 20e dimanche ordinaire – Luc 12, 49-53

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 18 août 2019 – 20 dimanche ordinaire

(Luc 12, 49-53)

 

Il y a quelques années, une de mes petites nièces a gagné une médaille de bronze aux jeux du Québec ! Personne ne s’en était rendu compte, mais pour y arriver, elle se présentait à la piscine, sept jours par semaine, à 4 h 30 du matin pendant des semaines. Elle s’entraînait plusieurs heures par jour. Elle n’avait qu’un seul but, gagner. J’imagine que vous avez connu des personnes qui ont vécu des expériences semblables.

Aujourd’hui, toutes les lectures nous laissaient entrevoir la vie chrétienne comme un temps d’entraînement, un temps pour endurcir les muscles de notre foi, un temps pour faire l’apprentissage du courage, pour nous préparer à faire face aux épreuves de la vie. L’auteur de la lettre aux Hébreux vient de nous dire : « Courons avec endurance I’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de Io foi ». Mais pourquoi nous entraîner autant? Pour gagner quoi? Pour gagner les biens que le Seigneur a préparés pour ceux et celles qui l’aiment, pour gagner un héritage promis qui surpasse tout désir, celui de participer à la victoire de Jésus.

Pas drôle la première lecture l Des princes gardaient Jérémie en prison parce que le prophète les dérangeait trop. Et comme le prophète continue de parler, ils décident d’en finir une fois pour toutes; ils le descendent dans une citerne où il n’y a ni pain ni eau pour le faire mourir. Mais le prophète qui s’était bien entraîné a la force de faire face aux humiliations et aux menaces de mort sans fléchir. Fort du message qui lui a été confié par Dieu et le cœur centré sur Celui qui est le centre de sa vie, Jérémie tient bon. Parfois, on le sent capable de douter, mais il ne lâche jamais. On sent que le prophète était habité d’une force qui ne venait pas de lui, mais de Dieu. Jérémie nous apparaît comme une figure de Jésus.

Dans l’évangile, Jésus se rend bien compte qu’il devra marcher pas à pas sur un chemin difficile, il aura à passer par l’humiliation de la croix. Il souhaite que son épreuve soit déjà passée; être rendu de l’autre côté de la croix. Les yeux fixés sur Celui qui l’a envoyé dans notre monde et bien entraîné lui aussi, il est prêt à affronter avec amour et par amour le grand passage qui l’attend.

Parfois, dans nos vies, on rencontre des personnes qui préfèrent plier pour ne pas causer de problèmes, se soumettre pour ne pas créer de tensions, se taire pour ne pas déranger, se cacher pour ne pas être obligées de prendre position, se retirer pour ne pas aller jusqu’au bout! Ça pourrait bien être le cas aussi dans notre vie de croyants et de croyantes.

Rappelons-nous que « Les yeux fixés sur Jésus qui est à I’origine et au terme de notre foi », nous avons opté pour Jésus, nous avons choisi de marcher à sa suite. On peut comprendre qu’on ait besoin de s’entraîner, d’endurcir nos muscles pour lutter chaque jour contre le mal qui cherche à s’insinuer dans nos vies, pour accepter de vivre les tensions et les conséquences de notre option en faveur du Christ, pour ne jamais accepter les compromis qui réduiraient à zéro les valeurs qui expriment notre foi.

Qu’est-ce qui fait que des athlètes acceptent des périodes d’entraînement exigeantes et sévères ? C’est sans doute parce qu’ils ont appris à aimer un sport et qu’ils se sont donné un objectif, gagner une médaille, un trophée et acquérir une notoriété. En ayant les « yeux bien fixés sur Jésus », nous avons appris à l’aimer. Nous voulons le suivre, lui ressembler et participer à la victoire de sa résurrection.

Nous avons l’occasion, pendant cette célébration, de « bien fixer les yeux sur Jésus » ! Demandons-lui de nous entraîner pour que nous puissions courir avec endurance l’épreuve qui nous est proposée. Prions-le de déployer la force de son esprit dans le monde pour que nous puissions marcher avec assurance sur le chemin de notre foi.