Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 17 septembre 2024 – Luc 7, 11-17
Près de la porte de la ville de Naïm, deux cortèges se rencontrent. Il y a celui de Jésus qui est accompagné de ses disciples ainsi que d’une grande foule
Et puis, il y a celui de cette femme, une veuve, qui avait perdu son fils unique. C’est tout un drame pour elle : elle est veuve, elle vient de perdre son avenir, son bâton de vieillesse. Elle aussi est accompagnée par une foule importante de la ville.
Saint Luc nous fait comprendre que ce drame est en même temps celui de tout le village.
Là vont se vivre la compassion et la miséricorde.
Compassion de cette foule venue entourer cette femme : les amis, les voisins, les proches saisis eux aussi par la peine d’une veuve qui a perdu son enfant unique.
Compassion de Jésus aussi, qui ne connaît pas cette femme, mais qui est pris aux entrailles : « Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle ». Pour lui aussi, la mort n’est pas rien, elle est un drame inacceptable.
En ramenant à la vie le fils de la veuve, le Christ fait plus qu’accomplir un miracle, il redonne l’espoir là où régnait la mort. On pensait que tout était perdu : le cercueil est porté, la porte de la ville est franchie. Tout semblait achevé, sans espoir.
Mais la compassion de Dieu n’a pas de limite. En Jésus, c’est Dieu qui est saisi aux entrailles. Il porte en lui toute la miséricorde du Père et vient au-devant de nous pour nous soulager.
Jésus pense peut-être à plus tard, quand arrivera le moment de la Passion. Il acceptera de donner sa vie, d’être entraîné hors de la ville.
Et sa mère sera là, au pied de la croix, semblable à cette mère qui pleure.
Sachons ramener à la vie nos frères et nos sœurs qui sont dans la peine et le malheur.
Pour tous ceux et celles qui vivent des deuils, ayons la même compassion que Jésus.
Soyons attentifs pour eux.
Soyons des vivants porteurs d’espérance.
