Mgr J-C Dufour-17 septembre 2018-Luc 7, 1-10

 

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 17 Septembre 2018

( Luc 7, 1-10 )

 

Il arrive souvent que les eucharisties soient suivies d’un banquet ; c’est toujours le cas après un mariage et presque toujours à l’occasion de funérailles.
Chez les premiers chrétiens, c’était l’inverse, l’eucharistie était précédée d’un repas communautaire. On en voit des traces dans la première lecture d’aujourd’hui. Saint Paul fait état de fortes divisions dans la communauté des Corinthiens :
« En effet, dit-il, chacun se précipite pour prendre son propre repas, et l’un reste affamé, tandis que l’autre a trop bu. »

 

Saint Paul se fâche contre cette manière d’agir parce que manger le corps du Christ et boire son sang, c’est prendre part à la réconciliation que le Christ est venu établir entre l’humanité et Dieu, et puis entre les humains eux-mêmes. Vivre des divisions, demeurer divisés et célébrer l’Eucharistie, ça n’a pas de sens, c’est une contradiction. On le sait, le Christ nous prie de nous réconcilier avec notre prochain avant de présenter notre offrande à l’autel. L’Eucharistie est là pour faire l’unité entre les membres d’une communauté ; elle nous pousse à combattre les divisions et nous dispose à vivre la communion fraternelle dans notre vie quotidienne.

 

Il en est un peu question dans l’évangile aussi ! C’est quelque chose la foi du centurion. On voit qu’il aime profondément son esclave, quelque chose de très rare sans doute. Son esclave est tombé sérieusement malade et il veut le faire soigner coûte que coûte. Alors il envoie des notables et plus tard des amis pour aller chercher Jésus. Pour éviter d’embarrasser le Maître, il le supplie de ne pas mettre les pieds dans sa maison tout en lui demandant de guérir son serviteur à distance. :
« Mais dis une parole et que mon serviteur soit guéri ! »
Vraiment, cet homme croyait à l’efficacité de la Parole de Jésus et, de fait, son serviteur sera sauvé grâce à sa grande foi.

 

Il suffit que le Seigneur prononce une parole pour sauver ceux et celles que nous portons dans notre cœur. C’est à ce moment que nous rejoignons l’Eucharistie. Pour l’Église, le malade de l’évangile, c’est nous aussi. Aussi elle retourne la parole de Jésus et nous la fait dire pour nous-mêmes, à chaque eucharistie, comme un acte de foi plein de douceur qui suscite l’admiration du Seigneur, comme ce jour-là devant le centurion.

 

« Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole, et je serai guéri. »
Arrêtons-nous à cette parole ce matin ; disons-la avec beaucoup d’attention et prenons même le temps de la méditer. Elle dit notre foi et notre espérance dans l’action de Dieu en nous et dans le monde.
Elle rappelle cette Parole de Dieu prononcée par le prophète Isaïe :
« Ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » (Isaïe 55,11)