Mgr J-C Dufour-17 octobre 2018-Luc 11, 42-46

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 17 octobre 2018 

( Luc 11, 42-47 )

 

À lire l’évangile de ce matin, on comprend tout de suite que Jésus parlait d’expérience.
Il a observé les pharisiens et les docteurs de la loi, remarqué comment ils cherchaient les premiers rangs dans les banquets, les salutations sur les places publiques. Mais il faut bien comprendre que, derrière ces observations, c’est notre propre comportement humain que Jésus observe.

 

Il sait trop bien comment nous sommes enclins à rechercher les premiers rangs, comment nous avons besoin de reconnaissance. Il sait très bien que ce qu’on vit en apparence ne correspond pas toujours à notre vie intérieure. Il sait très bien que même un ami du Christ peut être tellement fier de sa fidélité qu’il cesse de grandir et de cheminer modestement. Jésus est toujours en mesure de remarquer nos petitesses, nos désirs de bien paraître, nos mensonges intérieurs.

 

Si cette page d’évangile décrit bien nos comportements humains, elle nous permet, en même temps, de constater que ceux de Jésus sont totalement différents. Alors que nous maintenons en nous le désir de nous remplir de nous-mêmes, Jésus, lui, le Fils éternel du Père, s’est vidé de lui-même. Il a quitté sa divinité, les honneurs qui lui revenaient de droit pour l’enfouir dans la pauvreté de l’humain. C’est un Dieu absolument déraisonnable qu’on voit en Jésus.

 

Contrairement aux pharisiens qui passaient à côté de la volonté de Dieu et de son amour, Jésus s’ajustait toujours ajusté à la volonté de son Père pour aborder son prochain avec une immense miséricorde.

 

Contrairement aux pharisiens qui cherchaient les premières places dans les synagogues et les salutations sur les places publiques, Jésus se présentait continuellement comme le serviteur des serviteurs.

 

Contrairement aux docteurs de la Loi qui imposaient aux gens des fardeaux impossibles à porter, des fardeaux qu’ils ne touchaient même pas du doigt, Jésus libérait, relevait, remettait debout, redonnait une place de choix aux personnes rejetées de son temps.

 

Oui il y avait, en son temps, des gens complètement ignorés par les chefs religieux et publics, des gens considérés comme des moins que rien, des gens qui paraissaient inexistants. En choisissant une manière de vivre effacée et authentique, Jésus faisait la promotion des laissés-pour-compte de son temps.

 

Si Jésus a su si bien observer les gens de son temps et nos comportements humains, c’est maintenant, à notre tour, d’observer Jésus, de fixer nos regards sur sa manière de vivre tellement riche, valorisante et authentique. Prenons le temps de contempler Jésus, de voir que celui qui possédait tous les trésors de la sagesse n’a pas dédaigné de se montrer à nous sans titre de gloire, sans s’habiller de vêtements somptueux, sans rechercher d’être reconnu.

 

Contempler cette manière de vivre de Jésus peut convertir nos propres vies pour qu’elles deviennent comme la sienne.