Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 17 novembre 2025 – Luc 18, 35-43
« Alors que Jésus approchait de Jéricho, un aveugle mendiait, assis au bord de la route. »
Assis au bord du chemin ; il faut comprendre que cet homme n’a pas d’horizon, pas de perspective. Il est aveugle, mais il n’est pas sourd. Il entend une foule passer; il demande ce qui se passe et on lui apprend que c’est Jésus qui passe par là.
Alors il s’écrit : « Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! »
Il ne se laisse pas intimider par ceux qui essaient de lui enlever la parole. On a même l’impression qu’il n’entend pas la foule qui fait appel à un peu plus de discrétion.
Il n’entend que Jésus et il sera entendu de Jésus.
Il me semble que cette persévérance de l’aveugle est toujours à retenir pour nous. Il n’entendait que le Seigneur et celui-ci l’a entendu.
Contrairement à son habitude, Jésus ne s’approche pas de l’aveugle, mais il
« s’arrête, et il ordonna qu’on le lui amène ».
Et la foule qui voulait l’arrêter au début, à la demande de Jésus, aide l’aveugle à s’approcher de Jésus qu’il a reconnu comme « Fils de David ».
Avant même d’exprimer sa demande profonde, son besoin d’être guéri, il reconnaît Jésus comme son Seigneur.
Sa foi l’a fait voir avant même que ses yeux ne soient ouverts. Jésus lui-même le reconnaît, le confirme :
« Ta foi t’a sauvé ».
N’est-ce pas ce que Jésus ne cesse de nous demander ?
Amener les gens à croire, aider ceux qui ont une demande à faire au Seigneur
à s’approcher pour lui faire part de leurs besoins, de leurs misères.
Il y a une grosse question, même une question étonnante qu’il faut se poser après cet évangile.
On a remarqué qu’il n’y a rien qui n’arrête l’aveugle, ni sa cécité, ni la foule qui cherche à le faire taire, ni la distance qui le sépare de Jésus ; il a besoin de crier sa misère.
Nous arrive-t-il de priver le Seigneur de notre parole,
de nos cris, de nos blessures et de nos angoisses ?
N’est-il pas vrai que si on le faisait,
ce serait un acte de confiance en Dieu sans cesse renouvelée ?
Comme l’aveugle assis à la porte de Jéricho,
osons exprimer notre cri au Seigneur
