Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 17 Juin 2019
( 2 Cor 6, 1-10 )
« On nous croit tristes, et nous sommes toujours joyeux. »
J’aime cette page que Saint Paul nous livre dans la première lecture d’aujourd’hui. Il nous dit ce qu’il a voulu être et ce qu’il a été pendant son ministère d’Apôtre. Il y a plein d’affirmations qui demeurent bien intéressantes pour nous et dans lesquelles on peut très bien se reconnaître quand il nous parle d’endurance, de chasteté, de patience, de bonté, de sainteté de l’Esprit, de sincérité de l’amour. Les dernières affirmations sont étonnantes.
Je me suis arrêté à cette phrase où il nous dit : « On nous croit tristes, et nous sommes toujours joyeux.»
À plusieurs reprises, dans ses lettres, saint Paul invite à la joie. Il dira aux Corinthiens : « Je suis convaincu en ce qui vous concerne, que ma joie est aussi votre joie » (2 Cor 2,03), aux Thessaloniciens : « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. » (1 Thes 5,15-18), et aux Philippiens : « À tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est avec joie que je le fais. » (Ph 1,4)
En agissant ainsi, saint Paul a conscience de s’aligner sur la volonté de Dieu. Déjà, au baptême de Jésus, une voix venant du ciel s’était fait entendre : « Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »
Jésus lui-même a commencé son premier grand discours dans l’évangile de saint Matthieu en déclarant : « Heureux les pauvres, heureux les doux, les miséricordieux, les cœurs cœurs, heureux les artisans de paix. » (Mt 5,3-12), et plus encore.
C’est évident que Jésus nous veut heureux, heureuses dans la mission qu’il nous confie.
Un jour, au retour d’une mission qu’il avait confiée à soixante-douze disciples, ceux-ci revinrent tout joyeux, Jésus leur dit : « Réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit saint et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » (Luc 10,17-21)
Et même dans les tout derniers jours de sa vie, Jésus dira aux siens : « Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie. »
« On nous croit tristes, et nous sommes toujours joyeux. »
Saint Paul a exercé son ministère en plein dans la ligne de l’évangile, en communion avec Jésus. Il était joyeux parce que pénétré de l’Évangile, rayonnant encore de la lumière du Ressuscité qui l’avait enveloppé sur la route de Damas.
J’ai lu l’histoire d’un homme qui avait été marié, qui avait eu sept enfants, qui a été ordonné prêtre à l’âge de 70 ans, qui vient de célébrer ses cent ans avec quatre de ses fils ordonnés prêtres eux aussi. Il déclarait : « Je suis amoureux du Seigneur, personne ne m’a poussé, c’est une chose que je sentais, je l’ai demandée et on me l’a accordé. »
Un passionné de Jésus comme Paul, comme nous !
Le 23 mai 2016, le pape François déclarait :
« La carte d’identité du chrétien, c’est la joie.
Un chrétien est un homme ou une femme de la joie dans le cœur.
C’est la joie de l’Évangile,
la joie d’avoir été élu par Jésus,
sauvé par Jésus,
régénéré par Jésus ; la joie de l’espérance que Jésus nous attend,
la joie qui même dans les croix et les souffrances de cette vie s’exprime d’une autre manière, qui est la paix dans la sécurité que Jésus nous accompagne, est avec nous. »
« On nous croit tristes, et nous sommes toujours joyeux. »
C’est cette joie que nous exprimons, en communion avec le Christ, en célébrant l’Eucharistie.
