Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 17 janvier 2025 – Marc 2, 1-12
Vous vous souvenez que les mages avaient fait un long voyage pour trouver le roi qui venait de naître; ils s’étaient informés, on leur avait dit que ce roi devait naître à Bethléem, mais, dans Jérusalem, personne n’a bougé. Ça ne commençait pas bien. Puis il y a eu l’appel d’un percepteur d’impôt qui se nommait Matthieu. Ça n’a pas été bien vu non plus.
On est seulement au deuxième chapitre de Matthieu et on sent qu’un drame va traverser tout le ministère de Jésus, un drame qui est très présent dans l’évangile aujourd’hui. Qu’est qui va l’emporter dans le cœur des hommes, la foi ou l’incroyance?
Il y a quatre hommes qui apportent un paralysé sur un brancard. On sent qu’ils ont la foi, une foi décidée, active, presque impatiente. Ils souffrent de voir souffrir cet handicapé, leur ami, et ils savent que Jésus est pour lui la dernière chance.
Et leur foi se traduit en charité. La foule est très nombreuse, elle bloque le chemin mais il faut ménager à l’infirme une rencontre avec Jésus. Il faut que ce pauvre, qui n’en peut plus, passe avant les autres. Si Jésus voit cet homme, ce paquet de souffrance et de misère, c’est gagné d’avance.
L’incroyance est là, elle aussi, présente au rendez-vous, dans le cœur de quelques scribes, des intellectuels bien assis, pour écouter, pour peser, pour juger. Ils ont bien compris, ils posent une bonne question :
« Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul?
Mais, ils n’osent pas dire « oui », ils fuient devant l’acte de foi. Ils n’osent pas admettre que Jésus fais les œuvres de Dieu; ils préfèrent dire :
« Cet homme blasphème! »
Il en sera ainsi jusque dans la fin des temps. Il se trouvera toujours des hommes pour refuser le paradoxe du Christ, pour trouver qu’ll ne peut pas être Jésus Christ, un vrai homme qui agit aussi en vrai Dieu.
Aujourd’hui je vous laisse avec quelques questions. Ne répondez pas trop vite, cherchez vos réponses dans le texte de l’évangile.
Qu’est que Jésus a fait qui semble aussi déroutant?
Comment les porteurs qui souhaitaient la guérison du paralysé ont-ils réagi en entendant Jésus dire au paralysé : « Mon enfant, tes péchés te sont remis »?
Les scribes ont posé une bonne question : « Qui peut remettre les péchés sinon Dieu seul? »
Comment ont-ils réagi en voyant que Jésus après avoir remis les péchés guéri le paralysé?
Et puis, il y a le paralysé. Il n’a jamais été capable de marcher.
Comment réagit-il en entendant Jésus lui dire : « Lève-toi! »?
Osera-t-il poser ce qui n’a jamais été possible pour lui?
Va-t-il croire?
