Mgr J-C. Dufour – 17 avril 2023 – Sainte Kateri Tekakwitha – Matthieu 12,   46-50

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 17 avril 2023 – Sainte Kateri Tekakwitha – Matthieu 12,   46-50

 

« Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. »
Par ces mots, Jésus nous permet de mieux saisir ce que ça signifie être de ses disciples. Ceux qui font la volonté de mon Père sont pour moi « un frère » et « une mère ».
Qu’est-ce qu’il faut comprendre ?

Ce qu’un père attend de son fils, c’est qu’il fasse sa volonté.
Et en ce sens, on peut dire que Jésus a été le Fils par excellence parce qu’il a toujours tenu à faire la volonté de son Père. Et ceux qui sont comme lui, qui cherchent à faire la volonté du Père, peuvent être déclarés « fils » eux aussi.
Et s’ils peuvent être déclarés fils, ça veut dire qu’ils sont les frères de Jésus. Être disciples de Jésus, ça veut dire être les frères et les sœurs de Jésus. Ce n’est pas peu dire !

Et non seulement Jésus les déclare « ses frères », mais aussi « sa mère ».
Pour bien comprendre ces mots de Jésus, il faut regarder Marie un moment.
Quand l’ange Gabriel lui annonce qu’elle sera la mère de Jésus, elle lui répond : « Qu’il me soit fait selon ta Parole ». En accueillant le Verbe de Dieu dans son sein, Marie communiait à la volonté divine de salut. Elle épousait la volonté du Père céleste de sauver tous les hommes.

Ceux qui font la volonté du Père sont « ma mère » !
Ça veut dire « écouter la Parole de Dieu » pour l’accueillir et l’enfanter.
Dans l’évangile qui est en parallèle avec celui qu’on vient d’entendre, Luc fera dire à Jésus : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique. »

C’est encore beaucoup dire !
Ça veut dire que le Christ n’attend pas de ses disciples qu’ils soient d’abord des savants ou qu’ils aient des compétences supérieures à la moyenne.
Ce qui fait la qualité des disciples, ce n’est pas leur compétence intellectuelle, mais un lien de « fraternité » et de « maternité. »

Nous fêtons aujourd’hui Sainte Kateri Tekakwitha.
Née d’une mère algonquine et d’un père iroquois et baptisée le jour de Pâques.  Fille de chef, elle refusa de se marier et convertit celui qu’elle devait épouser. Marginalisée et menacée par sa famille, qui ne comprenait pas sa conversion, elle échappa à leur persécution et fonda à Kahnawake une communauté d’autochtones chrétiens, vivant dans la prière, la pénitence et le soin des malades.
On pourrait sûrement lui appliquer cette phrase de la première lecture : « Et qui aurait connu ta volonté, si tu n’avais pas donné la Sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit-Saint. »  Elle disait : « Qui est-ce qui m’apprendra ce qu’il y a de plus agréable à Dieu afin que je le fasse ? »  

Je pense qu’on peut dire qu’elle était sœur de Jésus en communiant à la volonté de Dieu de sauver tous les hommes.
Elle se découvrait mère de Jésus quand elle enfantait le fils de Dieu dans les cœurs par le témoignage qu’elle donnait de sa propre vie.

Celle qu’on appelle le Lys des Agniers mourut en 1680, invoquant Jésus comme nous voulons le faire aujourd’hui.