Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 17 avril 2021 – Kateri Tekakwitha – Sagesse9, 9-11.13-18 – Matthieu12, 46-50
Aujourd’hui, nous célébrons la fête de Kateri Takakwitha, sans doute une belle journée, en particulier pour Sœur Cécile. Takakwitha, un mot qui signifie « celle qui avance en tâtonnant », puisque Kateri ne pouvait supporter la lumière du jour, conséquence d’une épidémie de vérole
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Pourtant, toute sa vie nous montre le contraire. La première lecture nous disait « qui donc a découvert ce qui est dans les cieux ? ». Nous comprenons que Dieu nous a fait le don de son Fils qui nous a fait découvrir ce qu’il y a dans les cieux, pour que nous soyons capables d’entrer dans son mystère. C’est lui, Jésus, qui nous révèle la pensée de Dieu, ses intentions, son amour. C’est par lui que nous apprenons que celui qui est Tout-Autre s’est fait Tout-Proche.
Kateri disait : « qui est-ce qui m’apprendra ce qu’il y a de plus agréable à Dieu afin que je le fasse ? » Toute sa vie a été ainsi. Lorsqu’elle se prépare au baptême, elle le fait avec tellement de ferveur, une ferveur qui ne s’est jamais relâchée tellement qu’un jésuite la recommande à son confrère en disant : « Je vous envoie un trésor, gardez-le bien. » Après son baptême, elle manifeste une véritable faim de l’eucharistie et veut s’unir plus intimement aux souffrances du Christ. Ardente priante, elle développe une vie intérieure dont l’élan d’amour trouve à s’exprimer avec les autres. Si, dans sa vie physique, elle ne pouvait supporter la lumière du jour, il en était tout autrement dans sa vie spirituelle. Ce n’est pas pour rien qu’elle a été canonisée le 21 octobre 2012 par le pape Benoît XVI.
Dans l’évangile, Jésus, en tendant la main vers ses disciples, dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. » À la manière de Marie, Kateri a cherché à faire la volonté de Dieu.
À l’âge de quatre ans, elle perd ses parents et est accueillie par un oncle et élevée par ses tantes. Elle n’a pas toujours eu la vie facile surtout lorsqu’elle refuse l’époux qu’on lui propose et refuse de travailler le dimanche. Pourtant que les membres de sa tribu sont unanimes à faire l’éloge de sa conduite. Malgré toutes les difficultés rencontrées, elle est toujours demeurée proche de ses origines autochtones.
Mais ce que nous disait Jésus dans l’évangile devrait nous réjouir comme elle devait réjouir Kateri. Qui que nous soyons, Jésus nous accueille dans l’intimité de sa famille ; il nous en fait partager toutes les grâces et les richesses. Cherchant à faire la volonté de Dieu, Kateri a découvert une famille. Elle a trouvé en Jésus-Christ un grand-frère pour la soutenir tout au long de sa vie.
À lire ce qu’on dit d’elle, il est facile de vous reconnaître. Je lis : « L’église devient presque sa demeure. Elle y arrive à quatre heures du matin, assiste à la première messe de l’aube et à une autre au lever du soleil. On la retrouve devant le tabernacle plusieurs fois par jour et le soir pour la prière commune. »
