Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 17 août 2020 – Matthieu 19,16,22
Les deux lectures d’aujourd’hui mettent en relief une question qui nous concerne encore aujourd’hui : qu’est-ce qui importe pour moi, qu’est-ce qui donne un sens à ma vie ? On peut donner beaucoup de réponses à ces questions. Pour les uns, ce sera la famille, pour d’autres la création artistique, le désir de monter les échelons de ma profession et la vie sociale, gagner beaucoup d’argent. Et on pourrait continuer longtemps, longtemps… On pourrait se demander ce qui compte le plus pour nous.
Aujourd’hui, quand quelqu’un s’approche de Jésus et lui demande : « que dois-je faire de bon pour voir la vie éternelle ? » Décidément, cette personne nous dit ce qui est important pour elle, ce qui fait son but dans la vie : avoir la vie éternelle. C’est une personne orientée vers une valeur spirituelle ; on peut dire qu’elle est croyante. Elle peut affirmer à Jésus sans orgueil au sujet des commandements : « Tout cela, je l’ai observé. » Alors Jésus lui propose de faire un pas de plus : « Va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres… Puis viens, suis-moi. C’est à ce moment-là que le jeune homme s’arrête dans sa course. Le jeune homme ne peut aller plus loin, prisonnier qu’il est de de ses richesses. « Le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. » Il ne peut suivre Jésus.
Est-ce que Dieu nous demande toujours quelque chose d’impossible ? Dans la première lecture, on voit que le prophète Ézéchiel vit la même chose que ceux qui vivent avec lui. Il connaît personnellement le deuil et la souffrance : sa femme, « la joie de ses yeux » lui est enlevée subitement. Ainsi, le prophète qui, par la volonté de Dieu, était un signe pour son peuple. Il lui fait part de toutes les douleurs qui vont s’abattre sur lui quand l’Éternel lui enlèvera ce qu’il a de plus cher, ce à quoi il tient le plus : sa capitale, son sanctuaire, ses institutions, sa façon de vivre. Tout lui sera enlevé. Pourquoi ? Pour que le peuple sache que le seul bien dont il doit vivre, c’est Dieu.
Il nous arrive tous de vivre des moments malheureux, douloureux dans notre vie. Comment les interpréter, comment les comprendre ? Ça peut être un rappel que la seule richesse dont nous avons besoin, c’est Dieu.
