Mgr J-C. Dufour-16 Septembre 2018-24e Dimanche Ordinaire « B » Marc 8, 27-35

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 16 Septembre 2018 – 24e Dimanche Ordinaire « B »  ( Marc 8, 27-35 )

Liturgie des Heures : semaine : IV

 

 

Au réseau anglais de la télévision, il y a un jeu un peu surprenant.
Contrairement aux autres jeux-questionnaires, l’animateur donne la réponse et les joueurs doivent trouver la question.
Par exemple, si je vous donnais comme réponse : « On a exhumé son corps du jardin des Servantes-de-Jésus-Marie. »
Vous devriez donner comme question : « Qui est l’abbé Alexis-Louis Mangin ?
Si je vous donnais comme réponse :
« Cette jeune sainte est fêtée le 17 avril de chaque année. 
»
Et si personne ne trouvait la question, je pourrais vous donner un indice : « Son père était un chef mohawk. »
La bonne question serait «Qui est Kateri Tekakwitha ? »

 

J’ai pensé à ce jeu en lisant l’évangile ! Ça fait des semaines, même des mois que Jésus donne des réponses. Il fait entendre les sourds et parler les muets ; il multiplie les pains ; il guérit des malades ; il ressuscite le fils de la veuve de Naïm ; il déclare qu’il est le Fils de Dieu et le Messie attendu. Mais, au lieu de se poser des questions, les auditeurs disent :
« Il parle en paraboles ! C’est un fantôme ! Il n’observe pas le sabbat! On connaît son père et sa mère ! C’est un guérisseur !»
Personne n’arrive à se poser la question
« Qui est Jésus ? » !
Alors, saint Marc s’en charge dans l’évangile.

 

Jésus demande à ses disciples :
« Pour les gens, qui suis-je ? »
Les réponses sont bien vagues :
“Jean-Baptiste, Élie, un des prophètes…”
Alors Jésus y va d’une manière plus directe :
“Et vous, que dites-vous que je suis ? ”

 

Il y a plusieurs années, j’avais assisté à une rencontre de catéchèse, et le catéchète avait demandé à quelques personnes :
« Qui est Jésus pour toi ? »
Les auditeurs avaient du bien du mal à donner des réponses.
Et si on nous posait la question, à nous, qu’est-ce qu’on répondrait ?
« Quelqu’un qui est venu il y a 2000 ans, l’Être suprême, le fondateur de l’Église, celui que les gens prient quand ils ont des problèmes, quand ils sont malades, quand la mort frappe de trop près. »

 

À première vue, Pierre donne une fameuse de bonne réponse :
« Tu es le Messie. »
Mais, pour Jésus, la réponse de Pierre n’est pas complète ! Aussi il ajoute :
« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté… qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. »

 

Vous le savez très bien ! Des croix, il y en a dans nos vies !
Je pense à la croix des parents qui voient leur enfant quitter la maison trop vite, à la croix d’un couple en difficulté, à celle de la personne mariée qui s’éloigne d’un compagnon de travail trop séduisant, à la croix d’un chômeur, à celle des grands-parents qui ne voient jamais leurs petits-enfants. Et il y en a bien d’autres…
Jésus disait tantôt :
« Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. »
Ceux et celles qui continuent de suivre Jésus avec leur croix amènent les gens à se poser la question :
« Mais, qui donc est leur Dieu pour qu’ils continuent à le suivre ? »

 

Un militant de l’Action Catholique disait un jour :
« Parle du Bon Dieu seulement si on te pose des questions, mais arrange-toi pour qu’en te voyant vivre, on te pose des questions. »
Notre manière d’être, d’aimer, d’espérer, de pardonner, de prier, de partager devrait être autant d’affirmations qui amènent les gens à se demander :
« Qui donc est son Dieu pour qu’il ou qu’elle vive de cette manière ? »

 

Saint Jacques nous disait tantôt :
« Tu prétends avoir la foi, moi je la mets en pratique… c’est par mes actes que je montrerai ma foi. »
C’est par ses gestes, par ses actes, par le don de sa vie, que Jésus nous a révélé qui il était vraiment. C’est en agissant comme Jésus que nous amènerons nos contemporains à se poser la question :
« Mais qui donc est ce Jésus ? »

 

Pendant notre célébration, demandons à notre Père du ciel de faire en sorte que la vie de son Fils triomphe dans nos cœurs et porte des fruits d’amour, d’attention et de partage, de telle sorte que les gens qui nous voient puissent dire :
« Qui donc est ce Jésus qu’ils imitent si bien ? »