Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 16 novembre 2022 – Luc 19 11-28
Dans la parabole de Jésus, il y a l’homme de la noblesse qui est parti dans un pays lointain pour se faire donner la royauté.
On peut penser tout de suite à Jésus, le Fils de Dieu, qui est parti pour un pays lointain en ressuscitant pour se faire donner la royauté. Avant de partir, il appelle dix de ses serviteurs à qui il confie la valeur d’une mine à faire fructifier.
Il faut dire tout de suite que le chiffre dix(10) indique que c’est complet. En plus, l’homme de la noblesse, Jésus, a des concitoyens qui le détestent et ne veulent surtout pas qu’il revienne régner sur eux.
En résumé, si Jésus a de serviteurs, il a aussi des ennemis. Pas besoin de préciser davantage.
Si on fait une lecture fondamentaliste de l’évangile, on va avoir des problèmes avec quelques phrases comme celles-ci : Retirez-lui cette somme et donnez-la à celui qui a dix fois plus » et cette autre qui dit : « On donnera à celui qui a; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. »
En comprenant ainsi, on comprend que les pauvres seront de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches.
J’espère que vous ne lisez pas l’évangile de cette manière.
Les richesses dans le royaume de Dieu ne sont pas les mêmes que celles que nous connaissons dans notre système économique.
Déjà la prière d’ouverture nous donnait un indice en nous disant : « Seigneur Dieu, tu as voulu que toute la loi de sainteté consiste à t’aimer et à aimer son prochain. »
Dans le royaume de Dieu, il n’y a qu’une seule richesse et cette richesse est celle de l’amour. Ceux et celles qui sont riches d’amour vont devenir de plus en plus riches dans le royaume de Dieu parce que c’est la seule richesse qui est payante, alors que ceux et celles qui ont été incapables d’aimer ne pourront jamais accueillir un amour plus grand.
Les riches d’amour, les âmes généreuses qui aiment sans compter, qui donnent leur cœur pour aimer et leurs mains pour servir, sont ceux et celles qui plaisent à Dieu et qui attirent sur eux la surabondance. Oui, celui ou celle qui a, recevra encore. Celui ou celle qui fait tout pour l’amour de Dieu, recevra encore et encore, et au centuple, et finalement Dieu lui-même parce que Dieu se donne à ceux et celles qui se donnent à lui.
Et comme la seule richesse est celle de la charité, celui ou celle qui en est dépourvu est pauvre de tout. Ceux ou celles qui ont un petit cœur sont incapables d’accueillir un amour en grand et deviennent donc incapables d’avoir une place dans le Royaume de Dieu.
Nous arrivons à la fin de l’année liturgique. Le Seigneur nous invite à faire le bilan de notre vie.
Comme le dernier serviteur, avons-nous enveloppé dans un linge la somme d’amour que le Seigneur nous a confié?
L’avons-nous au contraire fait fructifier?
C’est bien clair! À nouveau, Jésus nous invite à aimer comme lui nous a aimés.
