Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 16 Mars 2019
( Matthieu 5, 43-48 )
Dans la première lecture, on pouvait comprendre que Dieu s’était choisi un peuple, qu’il s’était engagé envers lui, jusqu’à lui promettre de lui donner un prestige, une renommée et une gloire qui dépasserait toutes les nations.
En retour, il s’attendait à ce que son peuple répondre à son alliance en mettant en pratique les chemins qu’il lui propose.
C’est l’Église, le nouveau peuple de Dieu qu’on peut déjà reconnaître.
Être membre de cette Église, c’est un privilège que le Seigneur nous fait, mais c’est aussi une responsabilité, celle de vivre en fils et en filles de Dieu, en frères et sœurs les uns des autres. C’est pourquoi, nous venons tout juste de demander au Seigneur, dans la prière d’ouverture de nous tourner nos cœurs vers lui pour une vie remplie de charité.
Hier, Jésus nous invitait à faire disparaître de notre cœur tout germe d’agressivité, à éviter le plus tôt possible ce qui pourrait empêcher quelqu’un de vivre en commençant par la colère.
Ce matin, dans l’évangile, Jésus poursuit sur le même sujet en nous poussant beaucoup plus loin. Il nous dit :
« Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et les injustes. »
« Afin d’être les fils, les filles de votre Père »
Jésus nous prie d’être comme lui, à aimer même quand ça devient pénible, ce qui nous oblige à quitter notre zone de confort.
Aimer les gens qui nous aiment, les saluer, les aider, prier pour eux, ce n’est pas trop compliqué.
Mais endurer un proche qui nous tombe sur les nerfs, une personne trop curieuse, un itinérant qui nous quête au coin de la rue, un étranger qui bouscule nos habitudes, un membre de la famille qui ne correspond pas à nos attentes, ça, c’est pas mal plus difficile.
Et c’est justement ce sentiment qui monte en nous que Jésus nous invite à dépasser pour marcher avec lui jusqu’au bout.
Saint Paul, dans ses lettres, nous donne des exemples sur l’amour des ennemis. Dans sa lettre aux Romains, il dit :
« Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire : en agissant ainsi, tu entasseras sur sa tête des charbons ardents. » (Rm 12,20)
Dans sa lettre aux Thessaloniciens, il dit :
« Si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons dans cette lettre, signalez-le ; ne le fréquentez pas, pour qu’il soit couvert de confusion ; mais ne le considérez pas comme un ennemi, réprimandez-le plutôt comme un frère. »(2 Thess, 3,14-15)
« Afin d’être les fils, les filles de votre Père »
Saint Paul, encore, rappelait aux Romains que le Christ nous a aimés alors même que nous étions ses ennemis :
« Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. » (Rm 5,6-8)
En célébrant l’Eucharistie, nous nous mettons à l’école de Jésus.
Puisse le Seigneur nous donner d’être des porteurs, des porteuses de son amour débordant.
