Mgr J-C. Dufour- 16 mai 2020 – Actes des Apôtres 16,1-10

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 16 mai 2020 – Actes des Apôtres 16,1-10

 

On trouve deux petites phrases étonnantes dans la première lecture, deux petites phrases qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans la Bible.   Nous savons que saint Paul et ses compagnons avaient formé des assemblées en Phrygie et en Galatie, alors c’était naturel pour Paul, à ce moment-là, de pouvoir continuer son travail dans la province d’Asie « Mais le Saint-Esprit les empêche de s’y rendre ».   Saint Paul et ses compagnons cherchèrent alors à aller en Bithynie, mais « l’Esprit de Jésus s’y opposa ».

L’Esprit saint s’oppose à la volonté de Paul.   On découvre ainsi, comme Paul, qu’aussi belles et bonnes puissent être leurs intentions, elles ne coïncident pas nécessairement à la volonté de Dieu.   Paul aura pu manifester de la surprise, un sentiment de frustration, pourtant rien dans le récit ne laisse voir de l’étonnement ou de l’inquiétude. Il semble bien que Paul soit à tout instant dans la main du Seigneur qui le guide autant sur les routes que sur les flots et qu’il n’a rien à craindre. Il manifeste avec ses compagnons une docilité totale à ce que l’Esprit lui demande. Faut-il être étonnés ? « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur » faisait déjà comprendre le prophète Isaïe. (Is 55,8)

Paul passe par tellement de régions qu’on a l’impression qu’il lui reste à lui et ses compagnons qu’un seul chemin, celui que Dieu lui indique.

Et l’Esprit ne vient pas seulement contrecarrer les plans de Paul, il l’incite à l’action comme on peut le voir dans cette vision qui nous est racontée à la fin de la lecture. Paul a une vision d’un Macédonien qui l’appelait à l’aide et il tire une conclusion : « Nous en avons déduit que Dieu pour appelait à y porter la Bonne Nouvelle », il faut remarquer qu’il est nécessaire de bien discerner pour comprendre la volonté de Dieu. De fait, nous pouvons penser qu’il y avait un ou plusieurs Macédoniens qui souhaitaient ardemment à connaître Dieu et qui le priaient de se révéler à eux.

L’arrivée de Paul en Macédoine est intéressante, car c’est la première fois que l’évangile pénétrait jusqu’en Europe. On peut penser que le Seigneur avait ses raisons à lui, bien plus que celles de Paul qui se proposait d’aller en Asie mineure.