Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 16 juin 2021 – Matthieu 6,1-6.16-18
Vous n’êtes pas sans reconnaître cet évangile qui ouvre le temps du carême.
Pourtant, en ce temps de l’année, il demeure important pour bien vivre notre vie chrétienne.
Cette page d’évangile nous révèle que Jésus avait un grand sens de l’observation. Il voyait très bien ce que vivaient ses contemporains par rapport à l’aumône, à la prière et au jeûne. Il continue de bien voir ce que nous vivons et nous propose des repères pour bien discerner et évaluer les mouvements qui nous habitent.
Premier repère.
Sommes-nous capables de vivre et d’agir sans que ça paraisse trop ?
Depuis qu’on est tout jeune, nous agissons pour être bien vus, pour donner une belle image de soi, pour être reconnus des autres, de nos parents et de nos professeurs. Aujourd’hui, Jésus nous invite à quitter cette façon de faire, à vivre dans le secret, à ne pas agir pour être bien vus des autres, à éviter toute comparaison avec les autres, à se retrouver tout seul.
Deuxième repère.
Est-ce que notre oratoire préféré est le secret de notre chambre, avec une porte fermée aux regards extérieurs ?
Autrement dit, quelle est notre relation avec notre Dieu ? Est-ce que nous prions le Père pour lui dire comment nous sommes heureuses de compter parmi ses enfants bien-aimées ? Est-ce que nous le prions dans le secret pour lui confier notre vie, la vie de tous ceux et celles que nous aimons, la vie tourmentée de notre monde ?
Troisième repère.
« Parfume-toi la tête et lave-toi le visage », nous dit Jésus.
C’est une invitation à moins porter d’attention à nos privations et à nos souffrances et à plus déposer notre joie, non pas dans les apparences, mais dans les mains du Père, dans la confiance en son regard bienveillant.
S’il fallait résumer encore plus, je dirais que, dans notre vie, nous avons deux options.
Ou bien nous rencontrerons celui que nous avons toujours cherché, soit nous-mêmes, notre image, la statue que nous prit bien de la peine à sculpter ;
ou bien, nous rencontrerons ce Père qui nous espère et nous attend dans le silence et le secret.
Il y a un beau lien qu’on peut faire avec la première lecture. Saint Paul invite les siens en leur disant : « Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte. »
Déjà ça ressemble à ce que Jésus nous dit. Et tout de suite après, saint Paul déclare que Dieu « qui est assez puissant pour vous donner toute grâce avec abondance ».
On voit que son point de référence n’est pas d’attirer les regards sur lui, mais sur Dieu.
Je termine avec les beaux mots du cardinal Garonne :
« Seigneur, si tu veux la beauté, prends ma beauté, elle est à toi. Si tu veux des vêtements, voici mes vêtements ; de la nourriture, voici ma table ; si tu veux te mettre en route, je t’ouvre le chemin ; si tu veux entrer dans ma patrie, voici ma Parole pour toi. »
