Mgr J-C. Dufour – 16 janvier 2021 – Hébreux4, 12-16

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 16 janvier 2021 –  Hébreux4,12-16

 

Il y a un jeune homme qui a écrit :  « Je n’oublierai jamais les cris de douleur de ces parents qui venaient de perdre leur premier enfant. Mes parents, mes sœurs et mes frères étaient présents pour ces personnes.  Mais ni nos paroles, ni nos actes ne pouvaient ramener le bébé à la vie. »
Alors j’ai demandé à mon père comment je pouvais aider et ce dont il avait besoin. Sa réponse m’a touché et inspiré. Il m’a dit, prends ta guitare et allons adorer Jésus.
« Nous avons besoin de Celui qui guérit les cœurs brisés… »   
On n’a pas à rester seul(e) lorsque nous faisons face à la souffrance.

 

Nous savons que nous avons un Dieu capable de compatir à notre souffrance.  Le prophète Isaïe l’exprimait trop bien en disant :
« Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas. Car je t’ai gravée sur les paumes de mes mains. »  (Isaïe 49,15-16)

 

Oui, il nous a gravé sur les paumes de nos mains quand son Fils était sur la croix.  C’est un peu ce que nous laisse entendre la lettre aux Hébreux quand elle nous dit :
« En Jésus, le Fils de Dieu… nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. »
Comment ne pas nous rappeler la lecture du Vendredi Saint sur le Serviteur souffrant.

 

Seul un homme peut compatir avec nos faiblesses et nos tentations. Jésus, dans son humanité, est lui-même passé par tout ce que nous traversons, ce qui lui permet de compatir à nos faiblesses et de nous aider. Il a été tenté, persécuté, pauvre, méprisé, il a connu la douleur physique et subi une longue et cruelle agonie. Seul un homme pouvait traverser tout cela pour comprendre pleinement les autres hommes.

 

Saint Paul le reconnaissait dans l’épitre aux Corinthiens :
« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père plein de tendresse, le Dieu de qui vient tout réconfort.  Dans toutes nos détresses, il nous réconforte ; ainsi, nous pouvons réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu. »  (1 Cor 1,3-4)  Il les appelait à agir comme Dieu, à réconforter ceux qui sont dans la détresse.

 

Ce matin, nous célébrons la messe en l’honneur de la Vierge Marie.  Nous demandons qu’à sa prière, on soit délivré de tous les périls. Marie n’a jamais été plus mère qu’au pied de la croix :  c’est là que son cœur a été « transpercé comme par une épée » à la vue des souffrances de Jésus.  Elle est notre Mère.  Elle ne peut que compatir à nos souffrances.  Elle est consolatrice des affligés.

« Elle a porté dans son sein

Celui qui devait être la consolation du monde.

Près de la croix de son Fils,

Tu l’as consolée par l’espérance de la résurrection. 

Et maintenant, élevée au ciel,

Elle console de son cœur de mère,

Tous ceux qui l’invoquent avec confiance

Jusqu’à ce que brille le jour glorieux du Seigneur » ( Préface de Sainte Marie, consolatrice des affligés)