Mgr J-C Dufour-16 janvier 2019-Marc 1, 29-39

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 16 Janvier 2019

( Marc 1, 29-39 )

 

On se souvient que, dans un évangile du temps de l’Avent, des gens de Jérusalem avaient envoyé des délégués pour questionner Jean-Baptiste. C’était des questions sur son identité.
« Qui es-tu? Nous devons donner une réponse à ceux qui nous ont envoyé. »
 Un peu plus tard, c’est Jean-Baptiste qui, de sa prison, envoie de ses disciples pour demander à Jésus :
« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre? »

 

Comme Jean-Baptiste on continue de se questionner sur Jésus. Depuis toujours, c’est toujours le cas, les hommes sont confrontés au mystère « Jésus ».

 

Hier, dans l’évangile d’hier, les gens qui écoutaient Jésus dans la synagogue constataient qu’il enseignait en homme qui a autorité. Ils réalisent en plus que Jésus a autorité sur ce qu’il y a de plus mauvais dans l’être humain :
« Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »
De là à dire que Jésus était plus qu’un homme, il n’y avait pas loin.

 

Ce matin, dans la même ligne saint Marc insiste sur le pouvoir de guérison de Jésus.
« Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies » et sur sa capacité de libérer du démon :
« Il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler parce qu’ils savaient, eux, qui il était ».
C’est clair que, par ces derniers mots, saint Marc ouvre toute une porte pour nous faire découvrir la divinité de Jésus.

 

La première lecture tirée de la lettre aux Hébreux soulignait davantage la condition humaine de Jésus.
« Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair, Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition. » « Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères » pour les délivrer du mal et de la mort.

 

Saint Marc insiste sur la réalité divine de Jésus pendant que la lettre aux Hébreux nous le présente dans sa réalité d’homme. On pourrait bien voir là une grosse différence pour ne pas dire une contradiction, mais les deux lectures ont un point commun, et ce point commun, c’est la mission de Jésus.
La première lecture nous dit que Jésus a pris condition d’homme « Afin d’enlever les péchés du peuple » alors que saint Marc, dans l’évangile, nous montre que Jésus, le fils de Dieu, est en train de le faire concrètement.

 

« Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ».
Sans aucun doute une soirée épuisante, « la ville entière se pressait à la porte » !
Cette soirée épuisante est suivie, le lendemain matin, d’une longue prière en solitude.
« Il se rendit dans un endroit désert, et là, il priait. »
Les disciples l’entendaient se lever, bien avant le jour, et ils se disaient « Jésus s’en va prier. »
Il s’éloignait dans un lieu de solitude, et là, dans le silence, il parlait à son Père avec ses mots d’homme ; il le louait avec les psaumes, et dans sa volonté d’homme, il accueillait le vouloir de Dieu.

 

C’est la façon de faire du Fils de Dieu. D’un côté, on voit qu’il vit une profonde relation avec son Père qui l’envoie, et d’un autre côté, on le voit solidaire avec les gens qu’il vient sauver.
Il est vraiment homme quand il est seul devant Dieu, et vraiment Fils de Dieu lorsqu’il se perd dans la foule des hommes.

 

Que notre prière, ce matin, comme celle de Jésus, soit communion avec le Seigneur et accueil de sa volonté sur nous.